Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

21 mai 2008

Une lutte contre la fraude très sélective

arton913Sous l'impulsion présidentielle, Sarkozy ne cessant de vilipender les "assistés" et les "tricheurs", le gouvernement intensifie la lutte contre la fraude, coordonnée par Éric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique. L'ennui, c'est que les plus grands fraudeurs ne sont pas ceux que l'on désigne à la vindicte populaire. Lutte contre la fraude : le gouvernement se trompe de priorité, titre ainsi Philippe Frémeaux, directeur de la rédaction de notre revue de chevet, Alternatives Économiques : "Eric Woerth, le ministre du Budget, a annoncé mercredi 16 avril, la création d'une délégation nationale de lutte contre la fraude. On serait tenté de saluer ce témoignage de la volonté des pouvoirs publics de lutter contre la fraude si les mesures annoncées hier par le ministre ne se concentraient pas sur la chasse aux fraudeurs aux prestations sociales, notamment via le croisement de différents fichiers et de nouveaux dispositifs d'évaluation de la situation des personnes. (...) Selon les estimations du Conseil des prélèvements obligatoires, le montant de la fraude fiscale et sociale tourne, en France, entre 28 et 40 milliards d'euros, soit 1,7% ou 2,3% du PIB. Le Syndicat national unifié des impôts (SNUI) l'évalue pour sa part à 50 milliards d'euros. Mais peu importe les chiffres - par définition, on ne peut chiffrer avec exactitude les comportements délictueux -, on constate à ces évaluations que le montant de la fraude équivaut peu ou prou au déficit du budget de l'Etat ! Or, la fraude aux prestations sociales ne contribue que pour une part négligeable à ce total. Ainsi, la Caisse nationale d'assurance-maladie n'a constaté, en dépit des moyens croissants mis en oeuvre pour lutter contre la fraude, que 116 millions d'euros de fraude en 2007. La Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF) en est resté à 35 millions en 2006. Quant à l'Unedic, la caisse d'assurance-chômage, elle évalue à 140 millions d'euros les sommes perçues par des chômeurs faussement déclarés. Au total, moins de 300 millions d'euros. En admettant même que ces organismes n'identifient qu'une part limitée de la fraude et que celle-ci s'élève à deux fois, voire trois fois les montants détectés, on n'atteindrait pas le milliard d'euros. Un montant à rapporter aux 500 milliards d'euros redistribués chaque année par l'ensemble des régimes sociaux. Alors ? Alors l'essentiel de la fraude est liée à la fiscalité. Des ménages pour une petite part, et surtout des entreprises, qui déploient parfois une grande intelligence pour éviter de payer la TVA ou minimiser, au-delà de ce que les règles légales autorisent, leur impôt sur les bénéficies des sociétés. Or, dans ce domaine, le discours politique est précisément inverse de celui qui prévaut en matière sociale. La priorité affirmée est d'alléger la fiscalité assise sur les entreprises. Est-ce à dire que le gouvernement ne fait rien pour lutter contre la fraude fiscale ? Non, et différentes mesures sont en cours de discussion avec nos partenaires européens, notamment pour lutter contre les escroqueries à la TVA. Mais on aimerait que les priorités soient mieux définies et les enjeux mieux hiérarchisés. Sinon, la lutte contre la fraude risque d'être perçue comme une nouvelle forme de chasse aux pauvres. La volonté gouvernementale de lutter contre la fraude sociale serait enfin mieux perçue si elle s'accompagnait d'un effort équivalent pour réduire le non-recours, c'est-à-dire la non-perception par de nombreuses personnes des prestations auxquelles elles ont pourtant droit au vu de leur situation. On estime ainsi que près d'un tiers des personnes qui devraient toucher le RMI n'en bénéficient pas, par défaut d'information, parce qu'ils ont renoncé à le demander face à la complexité de la procédure, ou par crainte d'être stigmatisé en tant qu' «assisté»."

Encore Philippe Frémeaux ne parle-t-il pas de ce que l'on appelle pudiquement "l'optimisation fiscale des firmes multinationales". Le procédé est résumé par Bakchich.info : "les groupes puissants choisissent des paradis fiscaux, type Suisse, Hollande ou Luxembourg, pour établir leur siège social. La maison mère prête lagardede l’argent à des filiales installées par exemple en France. Lesquelles filiales paient de gros taux d’intérêt au holding de tête. Et comme ces intérêts sont déductibles du bénéfice imposable, le fisc français se retrouve grugé d’autant." Interrogée à ce sujet par Virginie Roels, journaliste du site d'information en ligne qui évoque un rapport de l'INSEE (vidéo en ligne ici), la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, répond : "je suis tout à fait intéressée par toute information dont vous disposeriez sur des niches fiscales à des centaines de millions d'euros". "Vous n'avez jamais entendu parler du rapport de l'INSEE ?", s'étonne Virginie Roels. Réponse alambiquée : "Des niches fiscales de centaines de millions d'euros au bénéfices des entreprises... j'aimerais bien avoir plus de clarifications. Donc si l'INSEE dispose de ces informations, je le lui demanderai. L'INSEE est un organisme jpg_optimisation_fiscale_decoupindépendant qui exerce ses missions et qui rend ses rapports d'une manière indépendante. Je n'exerce pas de droit de contrôle, en l'état, sur l'INSEE. Mais je leur poserai la question." Problème pour cette menteuse de Lagarde: le rapport en question, titré Les structures de groupe et les procédés d'optimisation fiscale, que Bakchich s'est procuré, a été conjointement élaboré par l'INSEE et la direction du Trésor, porte l'en-tête du ministère de l'Économie et a été présenté lors d'un symposium organisé à Bercy le 20 juin 2007 ! Dans la plus grande discrétion : "Rien n’a filtré de ce symposium. Et pour cause, les hauts fonctionnaires présents n’ont pas eu droit au rapport fort pointu rédigé par leurs collègues de la direction du trésor et de l’INSEE. Pas une copie distribuée, pas un écho dans les revues internes du monde financier gouvernemental", écrit Nicolas Beau de Bakchich. Un enterrement de première classe, en somme. Le rapport chiffrait pourtant la perte pour le fisc français à un minimum de 600 millions d'euros depuis cinq ans.

Et concernant les niches fiscales dont bénéficient certains particuliers, qui les soustraient à l'impôt ? L'État ne gagnera presque rien avec la révision des niches fiscales, titre Le Point du 7 mai dernier : "Face à la hauteur de l'obstacle, le gouvernement renâcle. La révision annoncée des niches fiscales qui pèsent "une cinquantaine de milliards d'euros", selon le ministre du Budget Éric Woerth, sera limitée. Elle ne devrait même rien rapporter à l'État, car ce n'est tout simplement pas le premier objectif, affirme le rapport de l'Inspection générale des finances commandé par Christine Lagarde et transmis hier aux parlementaires. Alors que le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre avait proposé de réduire les niches fiscales de moitié d'ici à 2012, Christine Lagarde a mis fin à ses attentes mardi soir sur TF1. La ministre de l'Économie a finalement retenu le plafonnement de cinq des quelque 200 dispositifs dérogatoires à l'impôt, qui permettent de s'en exonérer presque totalement." Cinq sur 200, on voit l'ampleur de la remise à plat... Mais à côté de cela, intensifions la lutte contre les fraudeurs et les profiteurs d'en-bas, tellement plus vulnérables ! "Sarkozy, c’est l’élu de neuilly, à l’origine. C’est l’homme des riches. C’est un type qui promet d’être dur avec les sarkozy_de_neuilly_elysee_couv_faibles", diagnostiquait l'historien, sociologue et démographe Emmanuel Todd , invité de Bourdin & Co sur RMC le 4 avril 2007 (retranscription sur ContreInfo). Ce que promettait Sarkozy lui-même : "Je serai un président comme Louis de Funès dans Le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J'adore", déclarait-il en off à des journalistes le 16 février 2007, depuis la piscine d'un grand hôtel à La Réunion (cité dans Nicolas Sarkozy, De Neuilly à l'Elysée, par les journalistes politiques Bruno Jeudy du Figaro et Ludovic Vigogne du Parisien), avec sans doute davantage de cynisme que d'humour. Une des rares promesses qu'il tiendra. Terminons par une suggestion : d'après le rapporteur général du Budget au Sénat, Philippe Marini, cité hier par le Figaro, 843 contribuables assujettis à l'Impôt sur la fortune ont quitté la France en 2006, pour un montant de "2,8 milliards d'euros de capitaux au total". Le bouclier fiscal à 50% ne suffit donc pas.  Marini ne voit qu'une solution : "lever le seuil d'imposition de 770 000 à un million d'euros. Nous avons besoin de personnes aisées sur notre territoire pour investir, créer des emplois, de la richesse et pour, au final, payer des impôts". Mais non ! Laissons les seules classes moyennes en payer, n'embêtons pas les riches avec ça, sinon ils partent... Dans la droite ligne de la politique sarkoziste, persécutons les chômeurs, tricheurs, fraudeurs et assistés et supprimons donc l'impôt des riches. "Servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J'adore" : nous aussi !

Posté par Olivier Bonnet à 06:34 - Sarkoland - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Lagaffe de mes deux pédales...

Oui, on sait depuis longtemps que Miss Boubourde, n'a jamais exercé un quelconque métier en rapport avec l'économie de terrain. Elle navigue à vue. C’était aussi le cas des ministres précédents de droite comme de gauche. A quand un gestionnaire expérimenté ?

Posté par Ozenfant, 21 mai 2008 à 11:30

le papier d'Hervé Martin du canard enchaîné du 14/05/08 qui s'appelle "Lagarde revient à la niche"
http://www.impots-utiles.com/comment-christine-lagarde-lutte-contre-les-niches-fiscales.php

Posté par Patrick76, 21 mai 2008 à 13:00

Pour un président qui a tenté de dépénaliser le droit des affaires il a le droit de rester modeste sur le sujet !
En effet, certains de ses amis proches sont actuellement mis en examen pour abus de biens sociaux à hauteur de 74 millions d'euros ...
Les pauvres qui trichent c'est coûteux mais les riches qui volent 74 millions d'euros ce n'est rien ?
Deux poids, deux mesures !

Lorsque vous vous retrouvez face à un "tribunal des affaires de la sécurité sociale" (suite à un accident du travail) déclarant lors de l'audience : "Nous réclamons cette somme à Mr X, parce son employeur a établi de fausses déclarations lors de notre enquête" c'est du même tonneau !

Les erreurs de calcul de l'assurance maladie a sont à la charge du contribuable !
C'est bien pour cette raison que la sécurité sociale a sa propre juridiction du droit indépendante du droit administratif .
Car en droit administratif :"en cas d'erreur administrative la charge de l'erreur ne peut être assumée par l'agent administratif, celui ci ne travaillant que sous prérogatives d'emprunt, elle ne peut être assumée par l'administré mais doit être assumée par la communauté"

Nous en sommes très loin et retenez cet extrait du code de l'administration tiré des cours de premier cycle administratif, il pourrait bien vous servir un jour ....

Posté par Liberty, 21 mai 2008 à 14:03

J'ai envie d'hurler en lisant ça ! Non pas que je ne le sache pas, mais parce que je suis entourée de gens pauvres. Certes ce ne sont pas les plus pauvres des pauvre, les miens il leur reste un toit sur la tête ... Mais quand je vois des enfants, vers le 20 du mois nourris de café au lait, j'en ai la nausée de nos dirigeants ... Dans notre village, la directrice d'une école primaire avait fait raccompagner 2 petits chez eux par des policiers, venus les chercher à l'école, parce que la maman avait du retard dans le paiement de la cantine ...
Qu'on ne s'étonne pas quand des jeunes ont la rage au ventre ...
Je me demande toujours jusqu'où peuvent-ils aller avant que ça ne "pète" en France ...

Posté par Soleillade, 21 mai 2008 à 14:58

@ Loleillade

Bravo de garder votre capacité à vous indigner et vous révolter.

"Un homme ayant gardé sa capacité à se révolter est un homme. Ceux qui ont perdu tout idéalisme ne sont des morts vivants commandés par la peur"
(Ce n'est pas de moi... Je suis trop petit pour ça)

Une belle citation : "Sachez Monsieur, que chez les grands rien n'est petit. Pas même la petite vérole" ( C'est pour dire ...)

Posté par Liberty, 21 mai 2008 à 16:10

SOS Bitche

La dissolution du 57ème RA de Bitche retentit comme un chant d'adieu à un monde, à une époque, à une population qui méritaient d'autres égards. Le "chant des adieux", c'est aussi une petite pièce composée par mes soins pour évoquer le désarroi et les drames qui en découlent, mais surtout la détermination et la force d'hommes et de femmes décidés à se défendre.

Merci de diffuser ce message le plus largement possible.
__

François : Monsieur le Président, cette petite visite me rappelle votre passage éclair sur le site de Gandrange. "Visite présidentielle, visite providentielle..." et finalement, bien des déconvenues à la clef !...
Sarko : Mais c'est tout de même extraordinaire, cette façon de tout déformer ! A Gandrange, j'ai fait des déclarations précises, des promesses claires ! Je me suis engagé solennellement à prendre en charge les investissements nécessaires au redressement de cette entreprise et...
François (lui coupant la parole) : Vous l'avez dit et vous n'en pensiez pas un mot ! Vous-même savez bien que Bruxelles interdit formellement ce genre d'initiatives. Vous avez froidement mené ces gens en bateau (et pas celui de Vincent Bolloré !), et vous êtes venu en faire autant ici !
Sarko : Oh, mais pas du tout ! On ne pourra pas me reprocher de ne pas tenir des promesses faites devant vous, parce que..., comment vous dire cela...
François : Parce que vous ne prendrez même pas la peine de nous en faire, n'est-ce pas ? L'affaire est pliée, et on n'en parle plus !
Sarko (mielleux) : Il faut savoir s'adapter aux réalités économiques... Il faut que chaque français fasse des efforts pour que notre pays reste compétitif...

François : De notre point de vue, ce sont toujours les mêmes français qu'on presse de faire des efforts ! Nous sommes égaux devant l'effort, Monsieur le Président, mais comme disait Coluche, il y a des gens qui sont "moins égaux que les autres" !! ...

Sarko : Allons, Monsieur François, le pays de Biche n'est pas si mal loti !

François : De Bitche, Monsieur le Président ! Le Pays de BITCHE !!!

Sarko : Ne jouez pas sur les mots ! Vous ne pouvez pas demander à l'Etat de maintenir des garnisons pour vous protéger contre des dangers qui n'existent plus !

François : Monsieur le Président, c'est nous au contraire qui avons protégé l'Etat au cours des dernières décennies. Nos pères ont été en première ligne des combats, nos maisons ont été bombardées, et lorsqu'il a fallu céder des villes à l'occupant, c'est encore la nôtre que le sort a désignée !! Et aujourd'hui, la paix revenue, c'est un autre bombardement qui s'abat sur nos têtes, celui de réformes iniques qui signent la débâcle de notre région.
C'est cela qu'il est si difficile d'admettre pour nous ! C'est le Pays de Bitche qui a été le plus éprouvé, Monsieur le Président ! C'est ici qu'il y a eu le plus de morts ! Et à chaque réforme, c'est ici encore que les mesures sont les plus dures, les plus radicales, les plus définitives !
C'est un lâchage en règle, Monsieur le Président !

Sarko (qui feuillette quelques papiers) : Bitche a toujours été chère à mon cœur, Monsieur François ! A la cérémonie de passation de pouvoirs consécutive à mon élection, j'ai tenu à la présence des artilleurs du 57ème Régiment d'Artillerie de Bitche ! Ce sont eux qui ont tiré vingt-et-un coups de canons sur l'Esplanade des Invalides !

François : C'est un signe, Monsieur le Président ! Il faut justement invalider cette décision de dissolution du 57ème Régiment d'Artillerie de Bitche !

Sarko : Ce sont les militaires qui sont les premiers concernés ! Ils seront simplement reclassés ailleurs ! Ca ne pose pas de problème majeur car ils ont accepté une certaine mobilité en entrant à l'armée.

François : Monsieur le Président, la population du Pays de Bitche a tissé au fil des ans des liens très étroits avec les personnels militaires. Nous vivons une conjoncture difficile, avec des entreprises qui mettent la clef sous la porte, des jeunes qui ont peur de l'avenir, et la présence sur place de garnisons militaires est perçue par les gens comme un pilier solide et inamovible sur lequel ils peuvent au moins compter. Beaucoup de monde s'accroche à cette branche que vous souhaitez scier !

Sarko : Aucune branche ne sera sciée de manière inconsidérée... Mais les amoureux de la nature que compte cette assistance savent bien ce que soigner un arbre veut dire. Il faut combattre les parasites, arroser l'arbre, tailler ses branches inutiles. Si on ne le fait pas à temps, c'est l'arbre entier qui est menacé !

François : Nous ne sommes pas des branches inutiles, Monsieur le Président, et encore moins des parasites ! Quant à arroser l'arbre, ce sont les larmes des petites gens qui vont couler à flot.

Sarko : Vous jouez la carte sentimentale, là ! Mais on ne dirige pas un pays avec de bons sentiments. Il faut de la rigueur, monsieur François, du réalisme !

François : Je n'aime pas davantage vos propres cartes, Monsieur le Président. La carte judiciaire, la carte hospitalière, la carte militaire, la réforme des universités... Je vois surtout à l'oeuvre des technocrates parisiens régler froidement le sort de millions de gens au vu de considérations comptables, et sans le moindre regard pour les drames qui se jouent dans la vie réelle.

Sarko : Des drames ? Allons donc ! Quels drames ?

François : Nous avons déjà été vivement ébranlés par la disparition d'un régiment à Sarralbe et par la suppression du 4ème Cuir à Bitche même. Demain, le maintien de nombreuses écoles sera contesté. Nos commerces seront menacés de faillite ! Les longues années de souffrance que nous avons vécues au cours des trois dernières guerres nous ont appris le courage, et ont ciselé au fil du temps notre identité de ville de garnison. S'y attaquer, c'est détruire notre bel équilibre, notre belle unité, et jeter aux oubliettes des siècles de tradition nourrie de respect des valeurs et de courage face aux épreuves. On n'a pas le droit de nier l'âme d'un pays.

Sarko : Ne vous inquiétez donc de rien, monsieur François. Faites-nous confiance ! Nous allons nous occuper de tout !

François : Monsieur le Président, l'avenir que vous nous promettez est bien sombre. Mais nous avons pour nous notre solidarité et notre courage. Dans les contextes les plus défavorables, dans les conflits les plus durs, nous avons toujours su serrer les rangs pour faire front tous ensemble. Jamais, nous n'avons plié devant personne ! Sachez-le, Monsieur le Président, ni aujourd'hui, ni demain, personne ne nous fera rendre gorge !
Et puis, nous ne sommes pas seuls ! Nous pourrons toujours nous fier à nos élus qui jamais, eux, ne nous laisseront humilier et trahir de la sorte !
Une majorité de français s'est rangée sous vos couleurs et vous a élu à la Présidence de la République en 2007. Aujourd'hui, c'est à vous de nous montrer que nous pouvons compter sur vous !


Florence Soriano-Gafiuk

Posté par Florence Soriano, 21 mai 2008 à 17:22

@ florence

n'avez-vous point uun blog ?????

Posté par areuh, 21 mai 2008 à 18:03

Les fraudeurs disparus

par exemple; qu'est-il devenu de ce listing remis par l'Allemagne concernant des évasions fiscales effectuées par des citoyens/résidents français au Liechtenstein ?

Nos amis Allemands ont mis en examen des individus, mais nous, ici nous n'entendons plus parler de rien.....

Posté par bj33, 21 mai 2008 à 18:14

«Selon que vous serez puissant ou misérable...»

On pouvait lire dans Marianne en septembre 2007 : "Le Président de la république a laissé entendre que le contrôle fiscal était basé sur les dénonciations anonymes, contribuant ainsi, par la référence (insultante à l'égard des agents des impôts) faite à la collaboration et à « Vichy », à discréditer le contrôle fiscal et les agents qui effectuent cette mission tout aussi délicate qu'essentielle sur le plan budgétaire et sur celui de l'égalité devant l'impôt". Source : http://www.marianne2.fr/Le-controle-fiscal,-entre-fantasmes-et-realites_a78823.html?start_liste=20&paa=2
Par contre quand il s'agit de mener une opération de police à Villiers le Bel, l'appel à la délation est tout à fait moral...

Posté par Trust, 21 mai 2008 à 20:08

"servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J'adore"

"Je serai un président comme Louis de Funès dans Le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J'adore." Cette phrase a été peu reprise dans la presse pendant la campagne présidentielle. Ce n'était pas une bourde ça pourtant ?

Il était particulièrement détendu quand il était à l'Ile de la Réunion et barbotait dans la piscine du Saint-Alexis, à Saint-Gilles. Du coup il se serait un peu lâché.

On a pu voir les photos de Sarkozy en maillot de bain uniquement dans les médias locaux.

Ce n'était pas les seules photos à avoir été prises mais il y a eu intervention du service de presse car "on ne voulait pas montrer qu'il nageait avec des journalistes" selon Thomas Coex, photographe de l’AFP. http://www.dailymotion.com/relevance/search/ARRETSURIMAGES/video/x48kf4_arret-sur-images-net-extraits-de-la_news

Posté par Trust, 21 mai 2008 à 20:26

tiens c'est vrai, le pire c'est qu'il en dit tant que je l'avais oubliée celle là (la comparaison avec Vichy)
Mais c'est l'ensemble de ce qu'on nous inflige comme évidence à longueurs d'émissions et qu'ont intériorisé les politiques de droite (et les plus en vue à gauche) que Frémeaux démonte, et pas uniquement sur la fraude
Ces gens disent et plus grave pensent faux

Posté par brigetoun, 21 mai 2008 à 20:26

C'est tellement plus simple de persécuter les petits qui ne peuvent pas se défendre, et laisser les "grands" (si petits dans leur mesquinerie)se remplir les poches.

J'expliquai hier à mon fils qu'au pays des droits de l'homme on enfermait les enfants en centre de rétention, et qu'il valait mieux planquer du fric dans un paradis fiscal pour ne pas participer à la vie de la communauté plutôt que de voler une pomme parce qu'on a faim.

On se croirait revenus à l'époque de la royauté, avec le servage, les seigneurs ayant tous les droits, les gueux aucun.

"mais notre règne arrivera quand votre règne finira,
nous tisserons le linceul du vieux monde
car on entend déja la révolte qui gronde"

Posté par Kokolat, 22 mai 2008 à 07:28

Quand une société est en crise, il a toujours été plus simple de cristalliser les problèmes sur une minorité, vulnérable évidement, que de pointer les véritables problèmes.
En plus les "véritables problèmes" en question, sont les amis de nos dirigeants alors 'faut pas s'attendre à un miracle !
En fait, Sarko n'est absolument pas audacieux, ça dure depuis des siècles.
Quand au droit du travail à dépénaliser c'est juste pour légaliser une pratique officieuse et générale.
D'autant qu'il l'a dit, il n'a pas à donner d'ordre aux entreprises.
"Mieux vaut régner en Enfer, que servir au Paradis"
Il parait que l'enfer, c'est les autres, ben ça ressemble bien nos galères, et ce n'est pas nous qu'y régnions.
Pour qui est ce paradis fiscal ? Pas pour nous non plus !
Nous ferions-nous avoir ?

Posté par galien, 22 mai 2008 à 09:47

Merci

Belle analyse à mettre en rapport avec le travail de Tanguy Estrad d'Egrelin..

Posté par Illustrateur, 22 mai 2008 à 10:18

Bonjour

Auriez-vous un lien pour Tanguy Estrad d'Egrelin, que je ne connais pas, à ma grande honte ?

Posté par Olivier B., 22 mai 2008 à 10:35

merci !

à longueur de discussion et chaque fois qu'on me rabat les oreilles avec les fraudes aux prestations sociales, je répète encore et encore que c'est négligeable en comparaison d'une part de ce qui est versé de droit et d'autre part, des fraudes, s'y ajoute maintenant l'argument des prestations non-perçues, auquel je n'avais pas pensé.

Ca fait grand plaisir de voir ça écrit, j'espère que ça finira pas se savoir.

je n'arrive plus à retrouver le communiqué de la CAF qui faisait état des chiffres (notamment des 35 millions) mais j'ai retrouvé un article d'actuchomage :
http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=3467
bref, merci je vais faire tourner l'article !

Posté par mooglaï, 22 mai 2008 à 11:41

Les "PIB" : Privilégiés Institutionnels Diplômés"

En effet, en tant que patron socialiste j'ai toujours eu a lutter pour essayer de payer mon personnel correctement.
DONC, nos lois fiscales empêchent les patrons qui veulent le faire... de faire du social, et encouragent aux prise de bénéfices immédiates !

C'est le monde à l'envers !

Il faut IMPERATIVEMENT que les patrons aient intérêt aux investissements de développement à long terme et en personnel plutôt qu'à réaliser de stériles prises de bénéfices immédiates.

Tout cela les éléphants du PS l’ignorent... Notre seul espoir est qu'un des "jeunes Lions" en soit conscient !


Emmanuel Todd : "En France, ce sont vraiment les élites (les "PIB") qui vont mal, qui sont malheureuses et complètement larguées."
http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/05/emmanuel-todd-e.html#comments

Posté par Ozenfant, 22 mai 2008 à 12:19

Ces "riches" qui quittent la France pour ne pas payer d'impôts devraient perdre la nationalité française et les avantages y afférent.

Posté par zoup, 22 mai 2008 à 13:40

Oupps...

@ Zoup
-"Ces "riches" qui quittent la France pour ne pas payer d'impôts devraient perdre la nationalité française et les avantages y afférent."
Eux et leur famille, puisqu'ils ne veulent pas participer à la solidarité nationale !
On peut commencer par leur enlever la sécurité sociale et toutes les autres prestations .

Il suffit de repenser à Jhonny en pleine campagne électorale voulant quitter la France afin de ne pas payer et être solidaire avec son public.
C'est vrai qu'il est fauché Jhonny !
Boycot de ce type !

Dans la même veine : "Tous les directeurs de supermarchés et d'entrepôts détruisant des denrées alimentaires avec de la Javel devraient être inculpés de tentative d'empoisonnement volontaire"

Il faut savoir que les entrepôts du secteur alimentaire payent la destruction des denrées arrivées à la date limite de vente ...
Donc ils polluent énormément en incinérant des aliments + les emballages !

C'est un comportement on ne peut plus anti-social, avec moi c'est : "Vous allez directement en prison, vous ne passez pas par la case départ, vous ne touchez pas 20 000 francs !"

Et la taxe carbone dans tout ça ?
Ha non, j'oubliais, c'est destiné aux pauvres !

Posté par Liberty, 24 mai 2008 à 12:55

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