23 mai 2008
Rachid'âne Dati fait une "erreur" de 1000% !
Le 19 mai dernier, Calamity Dati était en visite à quelques kilomètres du QG de Plume de presse, à la maison d'arrêt de Luynes (Bouches-du-Rhône). Elle y a cherché à minimiser l'ampleur du problème des prisons françaises : "sur les 190 établissements que nous avons en France, ils ne sont pas tous en surpopulation, a-t-elle affirmé. Il y a, je crois, à peine 6% des établissements qui seraient en surpopulation". Les statistiques officielles donnent un tout autre pourcentage : 63%. L'erreur de la ministre de la Justice est donc de... plus de 1000% ! L'Observatoire international des prisons a par conséquent fustigé son "incompétence". Il est vrai que l'hypothèse est plausible. Mais n'écartons pas aussi rapidement la malhonnêteté : peut-être Dati est-elle à la fois incompétente et menteuse !
Mettons-lui en tout cas les points sur les i (excellent éditeur ;) en rappelant que le rapport sénatorial sur Les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires en France de juin 2000 parlait d' "humiliation pour la république". Et lisons des extraits de la contribution de la section française de l'Observatoire international des prisons, rédigée en février dernier pour le Conseil des
droits de l'Homme des Nations Unies : "Alors qu'elle avait été dénoncée par deux rapports parlementaires en 2000, la situation des prisons s'est sérieusement détériorée ces quatre dernières années, sous l'effet d'une politique pénale orientée vers l'incarcération - provoquant une forte inflation carcérale et générant une surpopulation record - et une politique pénitentiaire axée sur le renforcement de la sécurité. Les gouvernements sont restés sourds aux insistantes recommandations des instances nationales et internationales de protection des droits de l'Homme (…) L’inflation carcérale constatée depuis 2002 s’est largement aggravée en 2007. Un record historique de 65 046 personnes au 1er décembre 2007, soit + 6,6% depuis le 1er décembre 2006 (+ 4 016 détenus) et + 22,3% depuis le 1er avril 2002 (+ 11 853 détenus). Cette augmentation sans précédent a entraîné la hausse très rapide du taux de détention, passé de 77,1 pour 100 000 hab. en 2002 à 102 en 2007. Au 1er janvier 2008, 11 948 détenus sont en surnombre par rapport aux places disponibles. Appelé à se prononcer sur les questions de santé en prison, le Comité d'éthique a estimé que «la surpopulation carcérale entraîne le non-respect du droit à l’hygiène, à l’intimité, à la salubrité des locaux et à des conditions de vie non dégradantes pour la santé physique et mentale». Dès 2003, le Comité européen de prévention de la torture (CPT) avait estimé que les effets de surpopulation des maisons d'arrêt s'apparentaient à un «traitement inhumain et dégradant». Il avait recommandé de lutter résolument contre le surpeuplement par une réduction du recours à l'emprisonnement, afin que l’échéance du 13 juin 2008 fixée par la loi pour assurer l'encellulement individuel soit respectée. Le gouvernement a fait le choix
inverse de durcir toujours davantage sa politique pénale". Terminons enfin par le nombre des détenus surpeuplant les prisons françaises au 1er mai 2008 : 63 645. Presque un record : en juillet 2004, elles comptaient 7 personnes supplémentaires. Mais avec les peines planchers, l'atténuation de l'excuse de minorité ou la rétention de sûreté, encore un effort, Cruella Dati : suivant le modèle américain cher à votre président, la France peut crever de nouveaux plafonds. Le 23 avril dernier, le New York Times sortait cette statistique étonnante : les États-Unis comptent 5% de la population mondiale mais 25% de la population carcérale de la planète, un détenu sur quatre. Sarkozy et Dati rêvent sans doute que le quatrième soit Français...
10 novembre 2007
Bonnet d'âne à Rachida Dati
Calamity Dati a encore frappé ! Non contente de supprimer des tribunaux, dans le cadre de sa réforme de la carte judiciaire, sans aucune lisibilité, à savoir sans explication du pourquoi celui-là et pas un autre, ni aucune concertation - alors que, fait aggravant, elle ne cesse de prétendre au contraire l'avoir pratiquée, la concertation, mensonge éhonté proféré contre toute évidence et jusqu'à la nausée -, semant au fil de sa tournée des juridictions des manifestations furibardes de toutes les professions judiciaires réunies, voilà que la chouchoute du Président Sarkozy nous assène le coup de grâce. Après avoir, depuis des semaines, garanti que le tribunal des Sables d'Olonnes passerait au travers du kärcher rachidesque, voilà que tout à coup est annoncée la programmation de sa suppression. Le député-maire de la ville, Louis Guédon, UMP s'il-vous-plaît, s'insurge et présente un argument décisif : "une absurdité, quand on sait que le tribunal est
flambant neuf puisqu'on vient d'y effectuer pour 6 millions d'euros de
travaux !" Et oui, voilà qui justifie avec éclat la méritoire attribution de ce Bonnet d'âne : l'Etat (moi, vous, le contribuable) vient de débourser 6 millions d'euros pour rénover un tribunal, mais Dati décide que, finalement, tant pis, on va le supprimer. Si c'est pas de l'inconséquence ça - pour rester poli ?
17 août 2007
Rions un peu : le concept de l'incitation rétroactive
"Le Conseil constitutionnel a jugé que cet avantage qui est précisément
encadré, répond pour les prêts futurs à un objectif d'intérêt général
qui est de favoriser l'accession à la propriété", estime l'institution dans son communiqué officiel, à propos du crédit d'impôt sur les intérêts des prêts immobiliers accordé par le "paquet fiscal". Que l'accession à la propriété soit d'intérêt général se discute, mais c'est en tout cas l'option choisie par Nicolas Sarkozy. Le Conseil constitutionnel ne lui donne pas tort là-dessus. Par contre, il souligne une évidence : "Il n'en va pas de même pour les prêts déjà accordés, car par
définition, pour ceux-ci, le contribuable est déjà propriétaire de son
habitation principale". Prétendre favoriser l'accession à la propriété de cette façon est effectivement idiot. "Il s'agit alors d'un soutien au pouvoir d'achat au bénéfice des seuls contribuables propriétaires de leur habitation principale", poursuit le CC. Du coup, paf : "rupture de l'égalité entre contribuables", donc censure ! L'institution fait même la leçon au gouvernement sur les chiffres : "Son coût (7,7 milliards d'euros) fait supporter à l'Etat des charges
manifestement hors de proportion avec l'effet incitatif attendu". Pour mémoire, le total avancé par Christine Lagarde, qui n'en est pas à son premier mensonge, était de 3,7 milliards. Sacré changement d'échelle ! Insistons sur "l'effet incitatif attendu" : quel est-il ? Cette disposition incite à... avoir déjà acheté ! Autrement dit, si ce n'est pas le cas, on ne peut que le regretter sans rien pouvoir n'y changer. Incitatif à quoi alors ? "Le gouvernement proposera dans les prochains jours un nouveau
dispositif permettant aux Français ayant déjà souscrit un emprunt de
pouvoir
bénéficier, eux aussi, de mesures gouvernementales en faveur de
l'accès à la propriété", déclare pourtant le premier ministre François Fillon. Mais puisqu'on lui dit qu'accorder cet avantage à ceux qui sont déjà propriétaires ne favorise en rien l'accès à la propriété ! Quel âne, ce Fillon.
Et ces zozos nous gouvernent !
07 août 2007
Pas de répit avec Sarkozy
Lors d'un point presse organisé dans la luxueuse résidence estivale présidentielle de Wolfeboro (New Hampshire, Etats-Unis), Sarkozy est revenu sur l'affaire libyenne. On se souvient qu'il a prétendu qu' "aucune contrepartie" n'avait accompagné la libération des infirmières et du médecin - l'énormité du propos avait abasourdi la presse européenne -, maintenant de façon autiste cette position intenable alors qu'étaient révélés le versement de 460 millions d'euros aux familles des enfants contaminés, la fourniture par la France à la Libye d'un réacteur nucléaire, un accord pour des exercices militaires conjoints entre les deux pays et la signature de deux contrats de ventes d'armes, ce qui fait quand même un peu beaucoup ! Mais tout cela n'aurait donc, selon lui, aucun rapport. Il a ainsi apporté la précision suivante, à propos des ventes d'armes précitées : "EADS discutait, avec toutes les autorisations nécessaires, depuis 18 mois". Bon. Mais il a ajouté : "Qu'est ce qu'on va me reprocher ? De trouver des contrats ? De faire travailler des ouvriers français ? des entreprises françaises ?" Alors il faudrait savoir, monsieur le président : ou bien le contrat de ventes d'armes n'a rien à voir avec vous (EADS discutait depuis 18 mois), ou bien le mérite vous en revient et, dans ce cas, impossible de ne pas faire le lien avec la libération des otages de Khadafi ! Mais c'est ainsi : quitte à dire des âneries, il vous faut ainsi toujours occuper l'espace, vous mettre en vedette, qu'on ne parle que de vous. Même en vacances (avec Cécilia et... Rachida Dati, sa mère fouettarde préférée, nous apprend l'agence AP), vous ne pouvez vous passer des médias. Pas plus, entre parenthèses, que ces derniers ne veulent se passer de vous, tant ils se laissent gagner avec délices par ce que Libération appelle la "pipolitique". Donc vous convoquez la presse pour, par exemple, attaquer le PS : "quand les socialistes étaient au pouvoir, ces malheureuses infirmières étaient déjà dans les prisons de M. Kadhafi. Pourquoi n'ont-ils rien fait ? Pourquoi n'ont-ils pas fait ce que j'ai fait ? Pourquoi n'ont-ils pas demandé à les sortir ?" Peut-etre parce qu'ils refusaient de céder face à un
immonde chantage, non ? Vous vous glorifiez d'avoir ainsi récompensé le crime ? Mais passons. Vous convoquez la presse, disions-nous, pour parler de la Libye, de vos vacances - invité dans une propriété normalement louée 21 000 euros la semaine, vous estimez que l'identité de votre généreux hôte ne regarde pas les citoyens -, ou encore pour annoncer que vous alliez prendre des mesures pour lutter contre les manèges forains défectueux. A tout propos donc. Par contre, si la même presse à laquelle vous faites appel de façon compulsive s'avise de vouloir faire son métier, vous vous fâchez tout rouge ! Ce sont deux photographes américains, Jim Cole de l'Associated Press et Vince DeWitt de Sipa, qui racontent l'incident survenu alors qu'ils vous photographiaient depuis un bateau sur le lac Winnipesauke : "on était du côté où on avait le droit d'être. Dès qu'on a vu le président Sarkozy, on a commencé à prendre des photos. Quand il s'est approché, j'ai vu qu'il nous montrait du doigt, j'ai réalisé qu'il était en train de hurler. Le bateau du président s'est collé au nôtre et il est monté à bord du nôtre. Naturellement j'ai été un peu surpris", explique Vince DeWitt sur RTL. On imagine la scène : vêtu de votre seul maillot de bain, comme le décrivent tous les témoins, vous avez sauté à bord du bateau des journalistes et vous êtes mis à hurler, vous laissant aller à un de ces mémorables pétages de plomb dont vous êtes coutumier. "Le président était très agité, s'exprimant très rapidement en français et à fort volume", euphémise DeWitt. Avant de conclure, perfide : "On lui a dit qu'on n'avait pas entendu parce qu'on ne parle pas français et il a fini par se calmer. Mais on est parfaitement dans la légalité. Des hommes politiques américains se seraient rendus compte de la répercussion d'une crise de colère sur leur image. On aurait pu croire que M. Sarkozy serait conscient de ce qui va avec le fait d'être le président d'un grand pays". On aurait pu, oui. Mais non. Tout ceci vaut bien un Bonnet d'âne, que nous vous décernons donc volontiers. Sauf, naturellement, tout l'immense respect que nous vous devons.
PS : Le récit intégral de l'incident est livré par une dépêche AP.
Mise à jour : une collaboratrice de RTL, Le figaro et Rue89, ce dernier média relayant l'information, envoyée spéciale à Wolfeboro, a pu voir des photos où Rachida Dati s'applatit au fond du bateau ! Le pétage de plomb présidentiel peut-il s'expliquer par le fait qu'il voulait que la présence de la ministre de la Justice aux côtés de son couple en vacances reste secrète ? Mais pour quelle raison ? "Je n'ai pas l'intention de me cacher", a-t-il dit lors du point presse. Mais cacher Rachida, si ? Ça ne marche pas comme ça, quand on invoque sans arrêt la "transparence" ! Citons Jean Glavany, député PS des Hautes-Pyrénées : "On ne peut pas convoquer les gens et leur intimer l'ordre, brutal, de ne pas faire leur métier. Cette République des médias menés à la botte finira mal, tôt ou tard".
24 mai 2007
Le PSLE est une grande famille
Comment parvenir à présenter 50 candidats aux législatives, condition nécessaire pour toucher, à condition de totaliser plus d'1% des voix, 1,63 euros par voix durant cinq ans ? Le nouveau Parti social libéral européen, appellation choisie par les centristes UDF ralliés à Sarkozy, avait un sérieux problème, puisque composé de 22 membres seulement, ceux que François Bayrou le trahi surnomme en off "les 22 salopards". Alors ils sont allés
chercher des candidats parmi leurs collaborateurs : secrétaires, assistants, webmasters et même jusqu'au chauffeur d'Hervé Morin ! La palme revient d'ailleurs au ministre de la Défense, qui a abondamment recruté au sein de sa famille. Dans la liste, relevée par Le canard enchaîné d'hier, figurent en effet Catherine Broussot-Morin, Philippe Morin, Lisa Morin, Julien
Morin et Micheline Morin. Il ne manque plus que Minou Morin le chat et Médor Morin le chien, sans oublier Bubulle Morin, le poisson rouge ! Interrogé par Libération à ce sujet, les collaborateurs du ministre se sont bornés à préciser que Catherine était sa femme et Philippe un "membre de la famille", se refusant à apporter des informations sur les autres. Quant à l'attaché de presse du groupe UDF à l'Assemblée, Alexandre Fontana - lui aussi candidat ! -, il a benoîtement expliqué que cette litanie de Morin dans la liste relevait du... "hasard" ! "Concours de circonstances inattendu et inexplicable", précise notre dictionnaire. C'est sûr qu'il est inattendu et inexplicable que des membres de la famille d'Hervé Morin se présentent aux législatives pour le compte du nouveau parti qu'il vient de créer. A la limite, il n'était même pas au courant ! Dans le genre foutage de gueule, Fontana fait très fort. Ca valait bien un Bonnet d'âne.
La réaction de Maurice Leroy, élu UDF du Loir-et-Cher, n'est pas aussi idiote, mais parfaitement cynique. Répondant au centriste Eric Azière, resté fidèle à Bayrou et son MouDem, qui accusait le PSLE de présenter "une armée de figurants", il ne le nie pas mais rétorque ce matin sur France Inter : "On est obligé parce que la loi dit "faut 50 candidats", et sinon tu perds le pognon qui justement te permet de créer le parti. François Bayrou lui-même a des candidats totalement pipeaux, qui sont
faits pour récolter 1,63 euro par voix. En 2002, Bayrou avait 200
candidats totalement bidons pour le financement public dans les
circonscriptions" - signalons que Leroy est un des anciens bras droits du Béarnais... - "donc je ne vois pas pourquoi Morin serait interdit de
le faire, faut arrêter les conneries !" Selon lui, présenter des candidats "bidons" est donc parfaitement normal : "C'est vrai pour toutes les formations politiques, toutes autant qu'elles sont", affirme-t-il. Bel effort pour réconcilier les Français et la politique.
Mise à jour : des commentateurs me signalent l'excellent (comme d'habitude) billet de Sébastien Fontenelle sur ce sujet, titré Je suis Médor Morin, votre futur député.
08 avril 2007
Un mensonge éhonté, dit-il
Alors ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances, le sociologue et écrivain Azouz Begag s'est pour la première fois opposé à Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier a parlé de "kärcher" et de "racailles", dénonçant une "sémantique guerrière". Forcément, ce propos tenu par un membre du gouvernement avait fait des remous au sein de la majorité, les partisans du ministre de l'Intérieur ayant alors réclamé la démission du coupable de défaut de solidarité gouvernementale. Pas facile d'être cantonné dans le rôle de "beur de service" - Begag parle même de "bicot de service" - au sein de la droite sarkozifiée, on a ses états d'âme... C'est ainsi par exemple qu'un Mourad Ghazli, pourtant membre de l'UMP, avait imploré en vain Jean-Louis Borloo de "ne pas servir d'alibi social à un
candidat communautariste, atlantiste et néo-conservateur ". Il n'y a guère que Rachida Dati qui tienne le coup, même si sa gaffe récemment révélée laisse à penser qu'elle a les nerfs à rude épreuve : oubliant la présence d'une caméra, lorsqu'on lui demande de quoi elle pourrait être ministre, elle plaisante : "de la rénovation urbaine au kärcher". C'est une autre boutade qui a valu à Azouz Begag les foudres du petit Néron, plus colérique et caractériel que jamais : le ministre de l'Egalité des Chances avait fait remarquer à un petit comité de
journalistes qu'il ne s'appelait pas "Azouz Sarkozy", et Libération en avait fait le titre d'un article... Gros coup de sang sarkozien : "Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom… Azouz Sarkozy ! Je vais te
montrer, moi, Azouz Sarkozy… Tu te fous de mon physique aussi, je vais
te casser ta gueule, salaud ! Connard !", raconte Begag dans le livre qui sortira le 11 avril, Un mouton dans la baignoire. "A chaque fois que j'essaie de placer un mot, il me coupe : "J'en ai rien à foutre de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à
l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule", aurait explosé le président de l'UMP au téléphone. Bon, on peut comprendre que l'hôte de la place Beauvau l'ait mal pris et manifesté sa colère. Quand les journalistes l'ont interrogé sur cette anecdote, il aurait pu réagir en disant par exemple : "je ne pense pas m'être exprimé de la sorte, mais il est vrai que je lui avais dit à l'époque ne pas avoir apprécié sa plaisanterie." Et ajouter, sur le ton de la connivence, avec un petit sourire: "vous savez, dans une famille, il arrive qu'on se dise les choses de façon un peu vive", pour conclure que Begag avait aujourd'hui choisi de quitter cette famille pour passer à l'ennemi - Bayrou - et que sa publication d'un livre violemment polémique à deux semaines du premier tour ne lui semblait pas très digne et ne correspondait pas à sa conception de la politique. Emballé, c'est pesé : Sarkozy devrait nous embaucher comme conseil en communication ! Au lieu de quoi, le candidat de la droite sécuritaro-libérale est monté sur ses grands chevaux : "Ce qu'il dit est un mensonge éhonté, ce ne sont pas mes méthodes". Quelle maladresse d'expliquer benoîtement : "Je n'ai jamais dit cela à Azouz Begag pour une raison simple, c'est que je crois que je ne l'ai jamais rencontré." Incroyable ! Sarkozy dépasse vraiment toutes les bornes : qui croira que deux ministres appartenant au même gouvernement ne se soient jamais
rencontrés ? A ce qu'on sache, ils n'avaient pas piscine le mercredi, par exemple, mais bien conseil des ministres à la même table. Plume de presse, toujours charitable, va rafraîchir la mémoire au candidat surmené au bord de l'implosion : Azouz Begag, qu'il n'a jamais rencontré, c'est le type de la photo qui sourit juste derrière lui, sur les bancs de l'Assemblée nationale.
05 mars 2007
Bonnet d'âne : Philippe Douste-Blazy

Inauguration d'une nouvelle rubrique sur Plume de presse : le Bonnet d'âne. Qui donc pouvait inaugurer ce palmarès mieux que l'emblématique Philippe Douste-Blazy, surnommé par les méchantes langues "Mickey d'Orsay" ou "le ministre des affaires qui lui sont étrangères" (il a d'ailleurs fait un clin d'oeil à cette formule dans le titre du livre qu'il vient de publier) ? Gloire donc à notre premier lauréat qui, après s'être étonné lors d'un voyage en Grande-Bretagne qu'aucun juif anglais n'y fut victime de l'Holocauste durant la seconde guerre mondiale - ce qui donne une idée de ses connaissances historiques -, affiche sa maîtrise parfaite d'une autre matière au programme d'un chef de la diplomatie française : la géographie. Devant les caméras de LCI, face à un Patrick Poivre d'Arvor impassible, Douste a en effet chiffré la population indienne à un milliard et 700 millions d'habitants. Les dernières données disponibles donnent plutôt le total d'un milliard et 95 millions. Soit une erreur de 605 millions d'habitants: une broutille, quoi.
