10 avril 2007
Oui à la vidéo, non à Piccirillo !

Emerson Da Conceicao, tout juste âgé de 21 ans, est en train de vivre, au soir de ce dimanche 8 avril, le début d'un rêve. Ce jeune footballeur brésilien, formé dans l'anonymat de la deuxième division locale, au club carioca du FC Malucelli, a fait le voyage jusqu'en Europe l'été dernier pour aboutir au Touquet, où les dirigeants du Lille Olympique Sporting Club l'ont mis à l'essai, le temps d'une poignée de jours d'entraînements et de trois matchs amicaux, lors du stage d'avant-saison de l'effectif professionnel. Test concluant : l'entraîneur Claude Puel a été séduit et Emerson a officiellement posé ses valises à Lille, intégrant l'équipe l'hiver dernier, lors du mercato. Il n'a pas encore disputé depuis la moindre petite minute en Ligue 1 mais l'adaptation se passe bien, il travaille dur à l'entraînement et progresse à vue d'oeil. Enfin, c'est le grand soir : pour la première fois, le coach des Dogues a décidé de lui faire confiance, non seulement en couchant son nom sur la feuille de match, mais en l'alignant dès le coup d'envoi en tant que titulaire au sein de la défense nordiste. Sacré baptème du feu pour le jeune Brésilien : le LOSC s'en vient défier l'Olympique de Marseille ! C'est dire si le coeur d'Emerson bat la chamade, sur le coup de 20h 58, lorsque les deux équipes pénètrent sur la pelouse du stade Vélodrome. Le match à peine commencé - on joue la septième minute -, l'olympien Mickaël Pagis, lancé dans l'axe, pénètre dans la surface de réparation. Emerson s'élance alors et, d'un superbe tackle glissé, à montrer dans les
écoles de football, subtilise impeccablement le ballon dans les pieds de l'attaquant. Mais stupeur : l'arbitre, Hervé Piccirillo, siffle penalty et expulse le Brésilien dans la foulée, condamnant l'équipe nordiste à évoluer à dix joueurs pendant 83 minutes ! Celle-ci ne s'en relèvera jamais. Et qu'il faisait peine à voir, ce pauvre Emerson, contraint de quitter si vite la pelouse, regagnant les vestiaires tête basse, entre révolte et abattement. Pour ses grands débuts en Ligue 1, la fête aura tourné court. Tout cela parce que l'homme en noir - qui arborait en cette occasion un maillot rouge, mais on n'est pas dupe ! - fut le seul dans le stade à voir une faute dans la parfaite intervention du défenseur. Cette décision, dès le début de la rencontre, en a irrémédiablement faussé le résultat. Qu'importe si Piccirillo a ensuite sifflé un autre pénalty en faveur de Lille, peu évident - on appelle cela de la compensation - puis en a oublié un troisième, flagrant, en faveur de Marseille, pour une faute commise sur Mamadou Niang. Quoi qu'il en soit, il a injustement condamné les Lillois à l'infériorité numérique durant presque toute la partie. Mais au-delà du cas de cet arbitre, qui a officié dimanche de façon exécrable, sans que l'on sache s'il faut incriminer l'incompétence, la perméabilité à la pression du public marseillais ou la malhonnêteté- il est affilié au district d'ïle de France, mais est natif de... Martigues, à une poignée de kilomètres de Marseille -, il convient une fois encore de poser le problème de l'arbitrage dans le football. Inadmissible, quand on connaît les
enjeux, de voir ainsi l'équité sportive bafouée par des décisions aberrantes ! Marre de ce choeur d'hypocrites, le nouveau président de l'UEFA en tête, Michel Platini - que nous aimons beaucoup par ailleurs -, refusant l'assistance de la vidéo à des arbitres qui ne sont que... des êtres humains. Au nom de quoi ? Pour ne pas instaurer un football à deux vitesses, nous explique-t-on. Vaste plaisanterie ! Il suffit de faire un tour le dimanche sur les terrains de football amateur aux quatre coins de l'hexagone, quand les dirigeants des équipes sont obligés de jouer les juges de touche, par manque d'arbitres, pour se persuader que le football à deux vitesses existe déjà depuis belle lurette. Pour ne pas ralentir le jeu, alors, nous objecte-t-on. Que l'on sache, ce système fonctionne très bien dans le rugby, et le recours à la vidéo ne prend guère que quelques secondes. Parce que, suivant l'angle de la caméra, les images vidéo peuvent être trompeuses, nous assène-t-on enfin. La belle affaire ! Une fois sur cent en effet, une perspective farceuse pourrait bien induire en erreur, mais il resterait alors encore 99 cas où la vidéo ferait reculer l'injustice. Donc ? Les mauvaises langues prétendent que maintenir la toute puissance de l'arbitre est encore le meilleur moyen de se ménager la possibilité d'arranger des matchs (pratique loin d'être marginale quand on se penche sur le cancer de la corruption dans le football). En attendant, Marseille s'est replacé à la 5ème place du classement, à portée d'une qualification pour la Coupe d'Europe, Lille a sans doute vu filer ses dernières chances d'accéder la saison prochaine à cette compétition, tout cela alors que leur rencontre s'est déroulée dans des conditions rien moins qu'équitables. Pas besoin d'être supporter des Dogues ni intime du pauvre Emerson pour s'en indigner : tout vrai amateur de football ne peut ressentir qu'écoeurement en voyant son sport ainsi assassiné.
05 janvier 2007
L’Eldorado anglais des footballeurs frenchies
Le joueur français a décidément la cote dans la Premier
League anglaise : sur les 20 clubs qui la composent, seuls cinq ne
possèdent pas leur petit frenchy ! Qu’est-ce qui pousse ainsi les
managers d’outre-Manche à s’arracher les services des joueurs de chez nous, et
pourquoi ces derniers optent-ils avec tant d’enthousiasme pour l’expatriation
au pays du fog et de la pluie ? Enquête.
Le 2 janvier dernier, le jeune Adel Taarabt,
Franco-algérien formé à Lens, a rejoint en prêt avec option d’achat le club de
Tottenham, où il pourra signer son premier contrat professionnel à sa majorité,
le 24 mai prochain. Il devient ainsi le trentième joueur tricolore à fouler
cette saison les pelouses de la Premier League. Au sein de ce contingent
brillent tout d’abord les stars du football français : sur les 23
sélectionnés à la coupe du monde, sept officiaient au sein de l’élite
anglaise : William Gallas (passé de Chelsea à Arsenal), Mikaël Silvestre
(Manchester United), Jean-Alain Boumsong (ancien de Newcastle, depuis parti à
la Juventus de Turin), Pascal Chimbonda (alors à Wigan, aujourd’hui à
Tottenham), Claude Makelele (Chelsea), Louis Saha (Man Utd) et Thierry Henry
(Arsenal). Mais on peut aussi ajouter à cette liste des vedettes bleues ayant
bâti leur notoriété en Premier League : Patrick Vieira, ancien
inamovible capitaine des gunners parti à Turin en 2005, et Sylvain
Wiltord, aujourd’hui Lyonnais mais lui aussi transfuge d’Arsenal. Sans oublier
Fabien Barthez, ex gardien de Man Utd. Ce qui nous donne donc 10 joueurs sur
les 23 ! Et l’on peut aussi citer plusieurs internationaux non
sélectionnés pour le Mondial 2006 : Patrice Evra, passé de Monaco à Man
Utd au début de cette saison, Nicolas Anelka, qui connaît avec Bolton son
quatrième club anglais (après Arsenal, Liverpool et Manchester City) ou encore
Ousmane Dabo, arrivé en 2006 à Man City. Complétons l’énumération des noms un
peu
connus par l’ancien international Philippe Christianval (Fulham),
l’international B (équipe de France réserve) David Sommeil (Sheffield), les
internationaux en catégorie Espoir Mathieu Flamini, Abou Diaby et Gaël Clichy
(Arsenal), Lassana Diarra (Chelsea), en Espoir lui aussi – on le présente comme
le successeur de Makelele - ou encore Steed Malbranque (Tottenham), ancien
international Espoir n’ayant (encore ?) jamais grimpé à l’échelon
supérieur. En parlant d’espoirs, nombre de frenchies débarquent en
Angleterre très jeunes, formant une prometteuse classe biberon qui pourrait
bien faire parler d’elle dans le futur : outre Adel Taarabt précité,
Benoît Assou-Ekotto (Tottenham), Jérémie Aliadière (Arsenal), Nabil El Zhar
(Liverpool), Franco-marocain qui a choisi les lions de l’Atlas plutôt que les
Bleus, Ibrahima Sonko (Reading), qui hésite toujours pour sa part entre l’équipe
de France ou celle du Sénégal, ou encore Hameur Bouazza (Watford), dans la même
situation vis-à-vis de la sélection algérienne, et Toumani Diagouraga (Watford
lui aussi), en passe d’opter pour celle du Mali. Mais la légion française
d’Albion n’est pas composée que de stars, actuelles, passées ou en devenir.
Elle compte aussi des joueurs faisant figure de seconds couteaux, honnêtes
anciens pensionnaires de Ligue 1, voire de Ligue 2 : Didier Agathe (Aston
Villa), Antoine Sibierski (Newcastle), Noé Pamarot (Portsmouth), Sylvain Distin
(Manchester City) et Frank Queudrue (Fulham). Pour être complet, mentionnons
Djimi Traoré (Charlton), Franco-malien âgé de 26 ans, international chez les
Aigles, qui n’a évolué dans l’hexagone qu’une saison (à Lens), ayant accompli
tout le reste de sa jeune carrière à Liverpool, où il a débuté en 2000. Mais
pourquoi donc cet attrait réciproque si fort entre footballeurs français et
clubs anglais ?
Money, money, money
Lorsqu’on
interroge les joueurs ayant choisi d’évoluer en Angleterre, ils mettent
toujours en avant son exceptionnel engouement populaire, le soutien sans faille
de fans transis, le frisson ressenti en entendant les célèbres chants entonnés
par les dizaines de milliers de poitrines qui peuplent des tribunes toujours
bondées. Impossible de les démentir en l’occurrence : la moyenne de
spectateurs par match sur la saison 2005/2006 est de 34 000, contre 21 500 en
France. Ils parlent aussi souvent des caractéristiques propres au football d’outre-Manche,
cette magnifique générosité dans l’engagement physique, l’aspect si
spectaculaire d’un jeu offensif où l’on ne calcule pas. Voire : le niveau
global, si l’on excepte les quatre ou cinq grands clubs, demeure tout de même
assez modeste et le jeu s’apparente souvent à une empoignade entre "bourrins", l’engagement si vanté servant à masquer les lacunes
techniques et entraînant une brutalité tolérée par un corps arbitral
particulièrement complaisant. Le diagnostic est sévère, mais il convient
néanmoins de le nuancer depuis quelques saisons, grâce à l’afflux de joueurs et
d’entraîneurs étrangers (55,2% des effectifs, contre 38 en moyenne européenne).
Avec cet effet pervers que l’on calcule justement de plus en plus, des équipes
comme Chelsea et Liverpool, pourtant composées de très bons joueurs, étant
montrées du doigt pour pratiquer un football peu flamboyant. Si le football
anglais n’est donc pas aussi attrayant que cela au plan du jeu, où réside donc
son principal atout ? Bien évidemment dans l’aspect financier, même si une
hypocrisie bien compréhensible empêche les intéressés de le reconnaître. Parce
que les clubs anglais sont riches, très riches. Les revenus
annuels du football britannique sont en effet évalués à deux milliards d'euros,
soit plus du tiers du total généré par l'ensemble du football européen. Et
parmi les 20 clubs les plus riches, on trouve huit pensionnaires de Premier
League. Le premier français, Lyon, est quinzième... Grâce à de
substantielles
recettes aux guichets – les places en Angleterre sont hors de
prix ! -, des droits télévisuels astronomiques et l’implication de
milliardaires comme Abramovich, président de Chelsea et quatorzième fortune
mondiale, les clubs anglais ont les moyens d’offrir des ponts d’or à leurs
joueurs. Les Français ont d’autant plus de mal à suivre que la disparité
fiscale les condamne sans appel : comme l’établit un rapport du sénat de
2003, lorsqu’un footballeur touche 1 800 000 euros net, il en coûte à son
employeur anglais 3 341 879, contre
5 367 566 en France ! Les footballeurs
français étant très bien cotés partout (deuxième plus important contingent,
ex-aequo avec les Argentins et derrière les Brésiliens, à évoluer en Espagne,
Angleterre, Allemagne et Italie), on comprend qu’ils se précipitent outre-Manche !
Mais gare : Chelsea, pourtant champion d’Angleterre, a connu la saison
dernière un déficit de 210 millions d’euros. La fuite en avant pourrait bien
mener droit vers le précipice.
En complément...
Cantona is god !
La love story entre le football anglais et les frenchies
débute en 1992, lorsque Eric Cantona arrive à Leeds. Le club n’avait plus été
champion depuis 18 ans ? Il est sacré au terme de la saison. L’année
suivante, il est transféré à Manchester United avec qui il remporte le titre à
quatre reprises (avec deux Cups en bonus). La cantomania atteint
des sommets : il n’est plus seulement Eric the King, on l’appelle
Dieu ! Même le fameux kung fu exécuté sur un spectateur n’y change
rien : Cantona sera élu deux fois meilleur joueur d’Angleterre puis "joueur du siècle" de Man Utd. Il arrête sa carrière en 1997, à 30
ans, en pleine gloire.
Ouh ah Cantona !
Henry : Arsenal
forever ?
Le 4 décembre dernier, le tabloïd The Sun
rapportait une énième rumeur de transfert concernant Thierry Henry : le
club de Barcelone serait disposé à mettre 40 millions d’euros sur la table pour
s’adjuger les services du capitaine d’Arsenal. Le joueur a une nouvelle fois
démenti toute velléité de départ. Une constante chaque saison ! Arrivé à
Londres en 1999, il y a tout gagné sauf la Ligue des champions : soulier
d’or européen en 2004, meilleur buteur d’Angleterre en 2002, 2004, 2005 et
2006, champion en 2002 et 2004, vainqueur de la coupe en 2002 et 2003 et élu
meilleur joueur d’Angleterre par ses pairs en 2003, 2004 et 2006… Alors on a
beau faire miroiter des sommes mirobolantes et prétendre l’expédier au Barça, à
Chelsea ou au Real, toujours Titi re-signe à Arsenal. Où il pourrait bien
finalement achever sa carrière.
«C’est le meilleur pays pour jouer au football. Il y a
la passion que j’aime» : Thierry Henry.
Des
salaires astronomiques
15 des 25 plus gros salaires de footballeurs d’Europe,
tous pays confondus, sont généreusement distribués par des clubs de Premier
League, celui de Chelsea FC s’offrant même le luxe de compter seul 7 joueurs dans
cette liste ! Ce n’est donc pas une surprise que le palmarès des joueurs
les mieux payés d’Angleterre couronne un quatuor de Blues : Frank
Lampard et John Terry émargent à 780 000 euros par mois et Michael Ballack et Andriy
Shevchenko à 740 000. Vient ensuite notre Thierry Henry national
avec 668 000 euros. En sixième position, on trouve
Didier Drogba (encore Chelsea), qui en touche 615 000. Le premier red
devil de Manchester United, Rio Ferdinand, suit avec 560 000. A titre de
comparaison, le Lyonnais Juninho, joueur le mieux payé de Ligue 1, ne touche "que" 230 000 euros par mois.
Waddle :
recherche talents anglais…
Chris Waddle, ancien
du grand OM, inoubliable technicien élu
meilleur joueur d’Angleterre en 1993 et actuel consultant à la BBC, jette un
regard sans concession sur la qualité du jeu en Premier League et
dénonce le moule de la formation anglaise. Ce qui explique que soient aussi
prisés là-bas les "Brésiliens de l’Europe" !
La valeur du spectacle en baisse
Manchester Utd et Arsenal sont
les deux seules équipes pour lesquelles je paierai pour voir un match
actuellement. Elles sont les deux équipes les plus spectaculaires de la Premier
League et obtiendront toujours des résultats en raison du jeu qu'ils
développent. Ailleurs, la valeur du spectacle est en baisse. Chelsea par
exemple. Ils possèdent les plus grands joueurs mais ne développent pas un jeu
spectaculaire. Je ne dirais pas qu'ils sont la plus grande équipe au monde à
regarder. Ils sont efficaces et
professionnels, mais ne me font pas lever de mon siège. Liverpool joue un peu
comme Chelsea. Les Reds aspirent avant tout à ne pas prendre de but
avant de penser à en marquer. Ce qui nuit au spectacle.
Un déficit de talent
Il y a beaucoup de bons joueurs. Mais peu sont excitants.
Il y a quelques joueurs comme Thierry Henry, Cristiano Ronaldo, Tomas Rosicky
ou Arjen Robben qui me viennent à l'esprit comme étant des joueurs capables
d'éliminer un adversaire. Moi j'admire les managers comme Ferguson ou Wenger.
Vous voyez des choses à Old Trafford ou Emirates Stadium que vous ne voyez pas
ailleurs. Dites-moi quels joueurs anglais jouent comme ceux que j'ai cités :
Wayne Rooney, Aaron Lennon, Shaun Wright-Phillips et Joe Cole. Et encore, quand
Cole perd la boule, Jose Mourinho a tendance à le remonter. En plus notre formation ne produit plus actuellement ce
genre de joueurs. On en veut qui courent vite et qui sont forts, costauds. Dans
les équipes de jeunes en Angleterre, on demande aux joueurs de se débarrasser
au plus vite de la balle et de courir vers elle. Je le vois quand je vais voir
mon fils jouer. Si quelqu'un garde le ballon et le perd, le coach lui dit que
s'il recommence, il sortira.
Propos reproduits par Footanglais.com
Dossier à paraître dans le magazine Playboy
19 octobre 2006
Imbécile UEFA
Parfois, avant même de commencer à écrire, on sent déjà qu'on va s'énerver, abuser des points d'exclamation, voire pratiquer l'outrance verbale. Mais soit. Ca fait du bien. "Pourquoi vous faites toute cette publicité aux Belges ?", se plaignait d'être apostrophé Coluche : "chez nous, on a les Suisses Allemands qui sont largement pires !" Pardon à nos lecteurs belges (c'est pas nous, c'est Coluche !) et venons-en au sujet du jour. L'Union Européenne de Football Association - oui, ça s'appelle comme ça, mais n'y voyez surtout aucun rapport avec la loi de 1901 et son but non lucratif ! (nous avions prévenu pour les points d'exclamation) - est l'instance qui gère le football européen. Depuis la Suisse. Avec tout plein d'employés aux patronymes fleurant bon les alpages alémaniques. Drôle de tempérament quand même que celui de ces gens-là, plus éloignés de l'esprit latin que l'homme du singe. Mais bref. L'UEFA a donc décidé d'organiser une opération intitulée Football Against Racism in Europe. Bravo ! De quoi s'agit-il ? "La Semaine d’Action FARE 2006, qui se déroulera bientôt dans toute
l'Europe, réunit la plus grande série d'activités antiracistes
individuelles jamais organisées dans le football. Les 17 et 18 octobre,
le coup d’envoi de la Semaine d’Action contre le racisme et la
discrimination initiée par le réseau FARE (Football Against Racism in
Europe) sera donné lors des matches de la Ligue des Champions de l'UEFA. La Semaine d’Action FARE comprend plus d’un millier d’activités qui
auront lieu du 17 au 30 octobre dans 37 pays européens. Le football
européen prendra une position symbolique contre le racisme et la
discrimination lors d'activités visant à faire prendre conscience du
problème et à souligner la détermination de la famille du football pour
lutter contre ce fléau." Toujours bravo. Et voilà que la petite AS Nancy Lorraine, qualifiée en coupe de l'UEFA après en avoir bouté de façon extrêmement jouissive les cadors allemands de Schalke nul-vier, a justement créé un maillot avec inscription sur le col de la formule "Non au racisme" (regardez bien, c'est écrit en tout petit sur cette tunique d'un superbe rose). Qu'elle comptait bien porter pour ses matchs de coupe de l'UEFA. Ce qui tombait extrêmement bien, convenez-en, avec la semaine anti-raciste de l'organisation européenne. Et bien pas du tout
18 juillet 2006
La vérité sur l'affaire Materazzi
Zidane n'y était pour rien ! Voici l'image qui prouve : cliquez dessus pour la voir s'animer.
Et puis, tant qu'on y est, le nouveau baby-foot
10 juillet 2006
Gueule de bois
Voilà, c'est fini. Sur l'immense frustration d'une défaite injuste. Sur la loterie des tirs au but. Les Italiens, dominés durant la deuxième mi-temps et les prolongations, n'avaient que cette solution pour s'en tirer. Leur tactique a fonctionné. Tant mieux pour eux, tant pis pour le football. Dommage aussi que l'expulsion de Zidane n'ait gâché sa sortie. La carrière magnifique de cet artiste méritait mieux. Traité de "terroriste", à en croire le site internet du quotidien britannique The Guardian, Zizou a perdu ses nerfs. Il n'était qu'un homme, finalement, pas un demi-dieu. Il a tout de même été élu par la FIFA meilleur joueur de cette Coupe du monde. Aujourd'hui, nous ressentons une profonde tristesse. Merci à l'équipe de France pour nous avoir tant fait vibrer. Merci Zizou, pour l'ensemble de ton oeuvre. Et pour la deuxième étoile, ce n'est que partie remise.
Mise à jour : nous découvrons à l'instant la dépêche de l'agence Reuteurs datée d'hier soir à 23 h 35. Il y est question de "l'inévitable victoire de l'Italie, meilleure équipe du monde à l'évidence." Coup de boule à Reuters !
08 juillet 2006
Frank Leboeuf impliqué dans un transfert à la marseillaise
L'ancien joueur Frank Leboeuf comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Marseille en octobre prochain, accusé d'avoir touché 457 000 euros lors du transfert de l'Argentin Eduardo Tuzzio, en paiement d'une créance due par l'OM. L'épisode du passage de Tuzzio
constitue la meilleure histoire marseillaise de ces dernières années : le 2 juillet 2001, le joueur signe
à l'OM pour quatre ans et 2,2 millions d'euros, contrat résilié un an plus tard. Il signe alors dans la foulée un second contrat en
faveur du Servette de Genève, avant que le club suisse ne le revende à l'OM, quatre jours plus tard, pour... 6,4 millions d'euros ! En tout et pour tout, sur deux saisons, le défenseur argentin n'aura disputé pour l'OM qu'une vingtaine de matchs. Outre le chauve consultant de M6 pour la Coupe du monde, dans le box des accusés vont s'asseoir Gilbert Sau, agent de joueur déjà condamné à 18 mois de prison en juin dans l'affaire des comptes de l'OM, l'ex-PDG du Servette, son ex-manager général, un intermédiaire argentin et l'ancien directeur financier de l'OM, Pierre Dubiton. Ce dernier dit avoir agi sous les ordres de Bernard Tapie, alors revenu aux affaires à la tête du club phocéen en tant que responsable sportif. Ce qui paraît logique. Pas pour tout le monde : Nanard n'est pas poursuivi dans l'histoire. Ni le président de l'OM, Robert Louis-Dreyfus - condamné en juin à trois ans de prison avec sursis.
05 juillet 2006
Tuuut tuuuut tuuuuuuut !!!
Les klaxons résonnent partout dans les rues de France : au terme d'un match ô combien stressant, les Bleus ayant quasiment passé toute la deuxième mi-temps dans leur camp, l'équipe de France s'est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde. Dans la douleur, donc, mais on y est !
Et maintenant, l'Italie...
01 juillet 2006
Respecter le jeu
L'Argentine, l'équipe qui avait produit jusqu'à présent le jeu le plus flamboyant, est passée à la trappe hier, victime d'une convaincante équipe d'Allemagne présente au rendez-vous de sa Coupe du monde. Victime de la cruauté du couperet des tirs au but. Victime d'elle-même, surtout. Après avoir ouvert la marque, les Argentins ont arrêté de jouer. Ils se sont arc-boutés sur leur avance, regroupés derrière, multipliant petites tricheries, cinéma et gains de temps. Les dieux du football les ont punis.
L'équipe de France rencontre ce soir la meilleure formation du monde. Pourtant, et c'est tout le charme de ce sport qui nous fait tant vibrer, rien n'est joué d'avance. Face au Brésil et à toutes ses étoiles, et notamment son carré d'as - Ronaldo, Ronaldinho, Kaka, Adriano -, nos joueurs ne partent pas battus d'avance. L'exploit est possible. Mais quoi qu'il advienne, on attend un grand match. Guadalajara 1986, Saint Denis 1998, Francfort 2006 : puisse la troisième manche entre Bleus et Auriverde être à la hauteur des légendaires confrontations précédentes. Les deux dernières occasions ont vu la France triompher. Bien sûr que notre coeur souhaite un nouveau succès de nos couleurs. Mais avant tout, que la rencontre soit belle, qu'elle soit la fête du sport roi. Que le jeu soit respecté. Alors peut-être vivrons-nous une nouvelle nuit magique. Que vive le football !
Et allez les Bleus, qui se présenteront ce soir dans une inédite tenue, très seyante, spécialement dessinée par notre chère lectrice LesYeux.
PS : aujourd'hui, toute la journée, fête de fin de saison au stade municipal du Puy Sainte Réparade. Pardon de n'avoir le temps de répondre à vos commentaires, y
compris à ceux d'hier. Je vous lis tous et reviens demain. Spéciale dédicace à KA : voici la photo du maillot de la Jeunesse Sportive du Puy, ici porté par un joueur de la catégorie Débutants, Alix Bonnet, 6 ans.
29 juin 2006
Henry et Zidane : la belle histoire
214 buts pour Arsenal, meilleur buteur français de tous les temps en coupes d'Europe (48 réalisations) et 35 buts sous le maillot bleu : Thierry Henry est incontestablement un immense attaquant. Quant à Zidane, inutile de s'étendre sur le talent de ce meneur de jeu hors pair. Que l'équipe de France a de la chance de compter ces deux hommes dans sa formation ! Sauf que. En 56 matchs que Titi et Zizou ont disputé ensemble, jamais le second n'a délivré une passe décisive au premier. Jamais. Aucune. Incroyable, non ? Ce lien privilégié qui unit classiquement le milieu de terrain passeur à l'avant-centre buteur n'existe pas entre nos deux cadors. En toute logique, le N° 10 crée la brèche, le décalage, déséquilibre la défense, et le N° 9 finit le travail en mettant le ballon au fond. Or donc, malgré les exceptionnelles autant qu'incontestables qualités intrinsèques de nos deux Bleus, Zidane n'est jamais parvenu à faire marquer Henry. D'éminents experts se sont penchés sur le problème sans parvenir à trouver d'explication. Zizou détesterait-il Titi au point de s'interdire de le placer sur orbite ? Apparemment, non : nulle mésentente ne règne entre eux. Si c'était le cas, gageons que le secret en aurait été éventé, tant il parait impossible de dissimuler aussi parfaitement un antagonisme d'une telle ampleur. Le mystère reste donc insondable. Mais voilà que soudain, nous creusant la tête à propos de cette incongruité statistique, une espèce de fulgurance nous est venue, comme un rêve éveillé de football fiction. Si Zidane n'a jamais fait une passe décisive à Henry, c'est signe que le destin farceur nous ménage un happy end de derrière les fagots. 9 juillet 2006, la France en finale de la Coupe du monde pour le dernier match de la carrière de Zidane. Et la France qui devient championne du monde ! But de la victoire inscrit par Thierry Henry, sur une passe de Zinédine Zidane. Enfin ! Mais ça valait le coup d'attendre, non?
28 juin 2006
C'est qui le patron ?
Zizou à la retraite dès le 27 juin au soir ? Journalistes, supporters et joueurs espagnols en étaient sûrs. Avec un troisième but, en cerise sur le gâteau de la qualification, le capitaine des Bleus a remis les pendules à l'heure.
Ils ont sifflé la Marseillaise. Aucun hymne ne l'avait encore été dans ce Mondial. Depuis plusieurs jours, la presse de leur pays frôlait l'arrogance, sûre d'éliminer l'équipe de France. Et d'ainsi expédier Zizou à la retraite. "Au revoir Zinédine Zidane", a longtemps chanté le virage des supporters espagnols. Conspuant le capitaine des Bleus. Oui mais voilà. Au terme d'un match superbe, l'équipe de France l'a emporté 3-1. L'Espagne est éliminée. Et Zizou n'a laissé à personne le soin de clôturer la marque. On joue alors la 91è minute. Lancé sur le côté gauche par Sylvain Wiltord, le meneur de jeu des Bleus s'avance dans la surface, élimine un défenseur d'un crochet et bat Casillas d'un tir croisé du pied droit. Silence dans le virage espagnol. Définitif.



