15 mai 2008
"Sarkozy, la grande manipulation" dans Politis
Merci à Bernard Langlois, auteur dans son bloc-notes hebdomadaire du numéro 1001 de Politis du texte suivant :
"L’ANNIVERSAIRE
Un an déjà, et surtout quatre ans encore au moins. Le sarkozysme est une calamité qui s’est abattue sur la France, dont la gauche tout entière – des Solferiniens aux trotskistes en passant par les cocos – porte l’entière responsabilité. Tant il était impensable qu’après douze ans de Chirac une opposition digne de ce nom puisse rater ce rendez-vous de la dernière présidentielle : elle l’a raté, et tant pis pour nous.
Pour nous consoler et nourrir nos résistances, trois bouquins parmi bien d’autres que je vous recommande de lire et d’offrir.
– Mon premier est un travail de recension quasi exhaustif de cette
année écoulée, recension assortie des commentaires avisés et sévères de
l’auteur, le journaliste et blogueur de Plume de presse,
dont je vous ai plusieurs fois vanté la pugnacité. Les amateurs,
nombreux, d’Olivier Bonnet, qui attendaient l’ouvrage avec impatience,
ne seront pas déçus : leur champion allie l’engagement de l’honnête
homme révolté à une précision quasi notariale [Sarkozy, la grande manipulation, Les points sur les i, 173 p., 17,90 euros ]. Quatorze chapitres, un thème par chapitre et cette conclusion, qui est aussi la nôtre : « Au-delà des anecdotes et de l’arrivisme politique, apparaît crûment une entreprise méthodique de destruction sociale. »
– Mon deuxième ne le démentira pas, dont l’auteur, le médecin Christian
Lehmann, fut un des plus courageux combattants contre la franchise
médicale (combat perdu, mais dans un contexte politique aussi
débilitant, qui peut espérer gagner quoi ? Ça ne doit pas empêcher de
se battre !). L’auteur s’attache, lui, à démonter « la sarkolangue », décortiquant le discours du « fils caché de Margaret Thatcher et Silvio Berlusconi », mettant au jour avec brio ce qu’il appelle « la relation symbiotique » du candidat, puis du Président, avec Henri Guaino, « le Nègre de Narcisse » [Sarkolangue, Ramsay, 172 p., 14 euros].
– Mon troisième fait aussi la belle part à ce « ventriloque » qui soufflait ses répliques à « la poupée » s’agitant sur la scène [Les Mots de Nicolas Sarkozy, Seuil, 174 p., 16 euros].
Sarkozy aurait-il gagné sans Guaino et son talent pour vampiriser les
discours, les thèmes, les références de la gauche ? Analysant quelque
300 allocutions prononcées entre 2004 et 2007, les linguistes
Louis-Jean Calvet et Jean Véronis donnent clairement à voir les
différences abyssales entre les discours pensés et écrits par le
« Pygmalion » (la plupart des discours qui ont marqué) et les pauvres
envolées du candidat quand il est livré à lui-même…
Trois essais qui valent condamnation sans appel du pauvre type qui
s’agite au sommet de l’État, qui nous représente et nous fait honte à
chaque occasion. Triste anniversaire."
Les exemplaires de La grande manipulation dédicacés destinés aux souscripteurs sont partis hier de la Poste, par la levée de 15h. Bientôt chez vous.
06 mai 2008
Sortie officielle de "Sarkozy, la grande manipulation"
PS : promis, c'est la dernière pub pour mon bouquin, juste pour le jour de la sortie qui coïncide avec l'anniversaire de l'élection.
03 mai 2008
"La grande manipulation" sur Europe 1
À la suite de la sortie de La grande manipulation, j'étais invité à participer hier soir au Club Europe 1, pour débattre du bilan de la première année de présidence de Sarkozy. Débriefing.
J'ai résolu de tenir un carnet pour vous livrer mes impressions à propos des différentes manifestations auxquelles je participe dans le cadre de la promotion de mon livre, Sarkozy, la grande manipulation, aux Éditions Les points sur les i (vente en ligne ici).
Première étape, le Club Europe 1, animé par les journalistes Fabienne Le Moal et Jérôme Dorville, que je remercie de m'avoir invité. Vous pouvez écouter l'émission sur le site de la radio
Bien sûr, je n'ai pas beaucoup eu la parole et j'en porte une part de responsabilité, ayant eu du mal à m'en saisir. À ma décharge, j'étais aux prises avec de vieux routiers des médias: Thierry Gandillot de Challenges et iTélé - un homme tout à fait charmant - et Michaël Darmon, le journaliste qui suit Sarkozy pour France2, débatteurs ayant le plus accaparé le micro.
Néanmoins, je suis content de mes interventions parce que j'ai pu dire des choses importantes. Parler des 11% de Français vivant en dessous du seuil de pauvreté. Mettre en parallèle le montant des exonérations de droits de succession consentis par le "paquet fiscal" avec le quart du budget de l'enseignement supérieur qu'elles représentent, ou la construction de 18 000 logements sociaux. Aborder les violations des droits de l'Homme liées à la politique d'immigration, évoquer la volonté de changer la Constitution parce que l'égalité des hommes qu'elle inclut est incompatible avec les quotas par régions géographiques de la loi Hortefeux, exprimer ma honte pour la France, patrie des droits de l'Homme. Nier que les syndicats soient d'accord avec la "flexisécurité", rappelant que la CGT n'avait pas signé, et préciser que le MEDEF obtenait tout ce qu'il veut du gouvernement. Dénoncer la stigmatisation des chômeurs qui préside à la volonté de sanctionner ceux qui refusent deux "offres valables d'emploi".
Ce qui m'a frappé, c'est que personne ne répondait jamais à mes paroles et que les animateurs changeaient systématiquement de sujet, pour revenir à leurs futilités, essentiellement à propos du style de Sarkozy.
Wiaz, dessinateur de l'Obs, était excellent. Le directeur adjoint de la rédaction du Point, Michel Richard, m'a beaucoup fait rire (jaune) : rien que le titre de son bouquin, L'homme qui ne savait pas faire semblant, montre comment il absout un Sarkozy qui serait l'auteur de nécessaires réformes mais souffrirait simplement d'un problème de méthode et d'un déficit de pédagogie. Balivernes que tout cela : la politique menée est très lisible, il s'agit de mettre à bas méthodiquement les acquis du programme élaboré par le Conseil national de la résistance au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Bref, j'ai quand même pu faire entendre une voix discordante et j'espère que mes lecteurs potentiels auront remarqué mon discours radical, qui tranchait avec celui des autres (sauf Wiaz).
Après l'émission, mon frère nous a emmenés chez lui et nous avons passé une soirée épatante, en compagnie des Plumonautes Pvdg, Valdo Lydeker, Pinky, Mimich et Fajua. Eric Klaxon, qui était des nôtres pour assister à l'émission, n'a malheureusement pu rester festoyer avec nous.
Je déjeune tout à l'heure avec mon éditeur que je vais rencontrer pour la première fois !
Il fait sur Paris un temps magnifique.
Bon week-end à tous.
30 avril 2008
Vendredi 18h - 20h : tous au Club Europe 1 !
La nouvelle vient de tomber : je suis invité à participer au Club Europe 1 vendredi soir, de 18h à 20h, pour débattre sur le thème "Un an de présidence de Sarkozy", grâce à la sortie imminente de La grande manipulation.
Les Plumonautes parisiens qui le souhaitent peuvent par conséquent venir assister à l'émission, enregistrée en direct et en public, 26 bis rue François 1er, 75008 Paris. Pourquoi ne pas dîner ensuite tous ensemble ?
Que les volontaires se fassent connaître !
Rappel : Vous pouvez commander d'ores et déjà Sarkozy, la grande manipulation, à paraître le 9 mai aux Éditions Les points sur les i, pour en recevoir un exemplaire dédicacé par votre serviteur en cliquant sur ce lien.
24 avril 2008
"Sarkozy, la grande manipulation" : J - 10 !
Si je n'écrivais pas avec un clavier, je dirais que l'encre est à peine sèche sur le point final.
J'ai le grand plaisir de vous annoncer que la parution de Sarkozy, la grande manipulation est imminente : une dizaine de jours à peine.
Impossible d'attendre le show télé de ce soir : compte tenu des délais de maquette et d'impression, tout devait être écrit aujourd'hui, sous peine de devoir patienter un mois supplémentaire pour la mise en place dans les points de vente. Le mail contenant les deux derniers chapitres est parti tout à l'heure.
Pour mémoire, voici la présentation qui en est faite par mon éditeur (préféré), Alain Guillo des "Points sur les i" : "L'écran de fumée créé par l'omniprésente communication présidentielle résiste mal à un travail de vérification journalistique point par point, jour après jour. Olivier Bonnet, auteur de "Plume de presse, le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé", se livre à cette dissection méthodique du discours et des actes, les remet en perspective et les confronte aux faits. Sous une plume acerbe et caustique, son analyse prend alors la forme d'une implacable démonstration : le "sarkozisme" repose avant tout sur une stratégie de l'imposture permanente."
Je remercie une nouvelle fois les Plumonautes qui m'ont manifesté leur soutien : grâce à vous, j'ai pu me consacrer trois mois durant à l'écriture sans souci matériel immédiat. Les souscripteurs de la pré-commande recevront en priorité leur exemplaire, assorti d'une dédicace. Pour ceux qui n'ont pas encore réservé l'ouvrage, il est possible de l'acheter directement en ligne, dès aujourd'hui, en cliquant sur ce lien, avec une réduction de 5% sur le prix de vente : 17,90 € (prix public) - 5% = 17 € + 3 € de frais de port et d'emballage (au réel) = 20 €.
Histoire de vous faire patienter, voici la table des matières. Impossible encore de vous livrer la pagination - la maquette n'est pas encore faite, vous suivez ou quoi ? Mais sachez que l'ouvrage fera aux alentour de 160 pages (248 086 caractères espaces compris).
Avant-propos (déjà en ligne)
Chapitre 1 : Le coup de massue
Chapitre 2 : Petit précis de manipulation des chiffres
Chapitre 3 : Une politique étrangère… aux droits de l’Homme !
Chapitre 4 : De l’île de Malte à celle de la Jatte
Chapitre 5 : La loi, c’est moi
Chapitre 6 : La constitution en danger
Chapitre 7 : Immigration : le racisme d’Etat
Chapitre 8 : Lepénisation : les banlieues en feu
Chapitre 9 : Un Jaurès pour les gogos
Chapitre 10 : Le prestidigitateur du pouvoir d’achat
Chapitre 11 : Europe : la haute trahison
Chapitre 12 : Allons enfants de la laïcité
Chapitre 13 : Sauvons la République !
Chapitre 14 : La guerre des mots
PS : un exemplaire "spécial bling-bling", enluminé à l'or fin, est d'ores et déjà réservé à mon ami Bernard Langlois ;-)
03 avril 2008
Le retour
J'ai juste aéré un peu la pièce, tout est là, comme avant. C'est bon de rentrer chez soi.
Plume de presse revient et je me réjouis d'avance de vous retrouver chaque jour.
Durant ce long silence, l'écriture de Sarkozy : La grande imposture (nouveau titre) a progressé à grands pas, et je n'oublierai pas que c'est grâce aux plumonautes qui m'ont soutenu que j'ai pu m'y consacrer pleinement. Encore une fois, merci à vous tous. Pour faire face à mes difficultés financières récurrentes, certains lecteurs m'ont suggéré d'instaurer un système d'abonnement, tant il est vrai que l'info libre et indépendante ne nourrit pas son homme. Mais je tiens à ce que ce blog reste gratuit. En revanche, ceux qui souhaitent verser quelques euros à titre de contribution pourront continuer de le faire, le bouton Paypal "Faire un don" étant à cet effet à leur disposition en haut de la colonne de gauche de la page d'accueil.
Le livre, dont vous pouvez lire l'avant-propos ici, est désormais presque terminé et pré-commandé à une cinquantaine d'exemplaires. La souscription est toujours ouverte: il vous suffit d'adresser
votre chèque (19,90 €, frais de port inclus) à l'ordre de "Les Points sur les i", en précisant
au dos "Olivier Bonnet" (pas de paiement en ligne puisque nous
n'encaissons pas le chèque avant la parution du livre), aux Editions
les Points sur les i, BP 96, 94 272 Le Kremlin-Bicêtre Cedex.
Le chapitre 5 s'intitule : La loi, c'est moi. Télescopage avec les révélations du Canard enchaîné d'hier ! Extrait.
"C’est ainsi, le Président fait ce qu’il veut, quand il veut et comme il veut : ce qui est valable pour le commun des mortels ne saurait l’être pour sa majesté Sarkozy ! La loi, c’est lui. (...) L’actualité récente apporte de l’eau à notre moulin : Le Canard enchaîné révèle le 2 avril 2008 que Sarkozy s’est frauduleusement inscrit pour les dernières municipales sur les listes électorales du VIIIème arrondissement de Paris, le 3 janvier, en violation du code électoral qui stipule que les listes sont closes le 31 décembre. Sur la foi d’une attestation de résidence à l’Elysée antidatée. Son bulletin d’inscription a lui aussi été antidaté. L’hebdomadaire se fie aux « confidences d’acteurs et de témoins » et relève des « incohérences informatiques et matérielles ». Antidater un document, n’est-ce pas en faire un faux ? Faux et usage de faux, et même «faux en écritures publiques»: bravo, Monsieur le Président, un délit passible de sept ans de prison ! Mais il ne fallait surtout pas que l’on sût qu’au sein de son staff pléthorique, personne n’avait été fichu de s’occuper de l’inscription du chef de l’Etat sur les listes électorales, ce qui fait effectivement désordre. Mauvais pour l’image, et l’on sait que tout passe en Sarkozie par la communication et l’image. Alors pas question de se laisser embêter par le code électoral, vous pensez bien. La fraude étalée au grand jour - signe des temps, David Pujadas évoque l'affaire durant le 20 heures du jour - aura-t-elle des conséquences judiciaires, après la fin du mandat qui garantit l'impunité au chef de l'Etat ? Ou Sarkozy peut-il vraiment tout se permettre ? La question reste posée à l'heure où nous écrivons ces lignes."
23 mars 2008
Le Puy Ste Réparade : les élus de l'union de la gauche
Hier s'est déroulé dans notre village le Conseil municipal d'investiture, consacrant le résultat du deuxième tour des élections municipales. La liste d'union de la gauche, qui a rassemblé 1443 voix (49,29%), a élu le nouveau maire, Jean-David Ciot. Le groupe majoritaire comprend 21 élus (voir photo). Le maire sortant Jean-Pierre Bertrand retourne dans l'opposition, à la tête d'un groupe de 5 élus, concrétisant son score de 1144 voix (38,81%). Son ancien Premier adjoint dissident, Henri Bringuier, complète la liste des membres du Conseil municipal (351 voix, 11,91%).
Merci aux Puéchennes et Puéchens qui nous ont accordé leur suffrage pour que se lève un nouveau souffle pour le Puy.
Et maintenant, Mesdames et Messieurs les élus, au travail !
10 mars 2008
Le Puy Ste Réparade : résultats du 1er tour
A ma droite, Jean-Pierre Bertrand (UMP), élu en 2001 par la faute de la désunion de la gauche, dont les deux listes se sont maintenues au second tour.
A ma droite aussi - bien que sa liste soit officiellement "sans étiquette" -, Henri Bringuier, premier adjoint au maire se présentant contre lui, l'accusant de n'avoir rien fait durant son mandat sauf des travaux d'embellissement tape-à-l'oeil durant les 9 derniers mois, et de gérer la commune en autocrate. Paradoxalement, en sept ans, il n'a jamais voté contre le maire ! Et il a conservé jusqu'au bout son poste d'adjoint et sa délégation à la Communauté d'agglomérations.
Jean-Pierre Bertrand réalise 35,85% : un camouflet pour le maire sortant.
Henri Bringuier, avec 18,91%, ne réussit pas la percée par lui espérée mais il est en mesure de se maintenir.
Enfin, la liste d'Union Républicaine et d'Intérêt Communal, menée par Jean-David Ciot, qui a su rassembler la gauche en refermant les blessures de 2001. Votre serviteur en est colistier non-éligible (à la 25ème place). Nous remercions chaleureusement les 1236 Puéchennes et Puéchens qui nous ont témoigné leur confiance. Les 45,13% obtenus hier nous placent en position de force pour conquérir la mairie dimanche prochain. A condition que la mobilisation des forces de progrès ne faiblisse pas, et en convaincant les abstentionnistes du premier tour (28,45%) qu'il faut cette fois se déplacer pour barrer la route à Bertrand, qui incarne la vieille droite frileuse et réactionnaire, et à son immobilisme - un seul exemple : en sept ans, seuls 21 logements aidés ont été bâtis, dans un projet qui date de... l'ancienne municipalité !
Dimanche prochain, pour un vrai changement, donnons un nouveau souffle au Puy en votant et en faisant voter pour Jean-David Ciot.
16 février 2008
"La grande manipulation" : l'avant-propos
Dans l'attente de la parution, en avril, de Sarkozy, la grande manipulation : dénonciation d'une imposture, voici l'avant-propos de l'ouvrage.
Bascule-t-on soudain de l’engagement politique au combat ? Du simple positionnement idéologique à une opposition frontale, viscérale, implacable ? Il semble que cette radicalisation date pour moi très exactement du 22 avril 2006. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy harangue ainsi 2500 nouveaux adhérents de l'UMP : « Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter ! » Saillie très applaudie, précise l'AFP. Qu'elle participe d'une tentative de récupération des électeurs proches de l'extrême droite en reprenant son discours type, c'est l'évidence même. Historiquement, ce mot d’ordre s’inspire de celui des faucons américains à l’époque de la guerre du Vietnam : « America, love it or leave it». En France, Jean-Marie Le Pen avait déjà lancé le slogan : « La France, aimez-la ou quittez-la » et Philippe de Villiers préféré : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ». Voilà donc Sarkozy qui s’inscrit dans cette belle mouvance. Car au fond, que signifie cette phrase ? « On en a plus qu'assez d'avoir en permanence le sentiment de s'excuser d'être Français. On ne peut pas changer ses lois, ses coutumes parce qu'elles ne plaisent pas à une infime minorité », poursuit le candidat d’alors à la présidentielle. Mais qui parle de changer lois et coutumes pour plaire à une infime minorité ? A part ce député auteur d'un saugrenu projet de loi, vers la même époque, souhaitant créer le délit de blasphème... Au fait, ledit fâcheux, un certain Jean-Marc Roubaud, député du Gard, est UMP ! Mais a-t-on accepté le port du voile à l'école ? Interdit la publication des caricatures de Mahomet ? Rendu obligatoire l'apprentissage de l'arabe en première langue ? Qui s’excuse d’être Français ? La phrase de Sarkozy n'a décidément aucun sens, à part d’exalter le nationalisme et agiter le spectre fantasmatique de l’invasion étrangère, dans la grande tradition, là encore, de l’extrême droite. Avec un sous-entendu : « si tu es étranger, tu la fermes ! » Jouir du droit à la parole, dans la démocratie sarkozienne, serait donc subordonné au fait de posséder la nationalité française. La volonté affichée par Brice Hortefeux de modifier la Constitution – qui proclame l’égalité de tous les hommes -, pour permettre d’établir ses quotas d’immigrés et une juridiction spécifique pour les étrangers, découle de la même démarche intellectuelle, qui tourne le dos à l’universalisme au profit d’un repli « identitaire » frileux et discriminatoire. Tout le contraire des valeurs de la France éternelle, justement !
Alors de quelle France, que « certains n'aiment pas », Nicolas Sarkozy parle-t-il ? Ne pas aimer la France ne veut rien dire : elle n'est pas monolithique, ses habitants ne pensent pas tous de la même façon. Il y a bien un socle de valeurs communes traditionnelles, fondatrices de la République : liberté, égalité, fraternité, tolérance, laïcité, combat pour les droits de l'Homme, accueil des réfugiés politiques persécutés... Pardon, Monsieur Sarkozy, de vous rappeler que cette générosité-là fait partie du patrimoine politique de la France des Lumières : voilà que nous nous excusons d'être Français ! En réalité, cette France que « certains n'aiment pas », ce qu'ils n'ont pas le droit de dire parce qu'ils n'ont qu'à plutôt s'en aller, c'est celle que voudraient faire Sarkozy et ses amis. « Si Sarkozy passe, je me casse », déclarait Yannick Noah – avant d’ensuite revenir sur cette parole. Et oui, Monsieur Sarkozy, certains ne veulent pas de votre France. Mais pas besoin d'un passeport étranger pour cela. « Et si c'était la France qui refusait de devenir celle que vous voulez en faire ? », nous sommes-nous ce jour-là interrogé, plein d’espoir*. Las, c’est bien Sarkozy qui a été élu Président. Et jour après jour, les attaques se sont faites systématiques contre tout ce qui fonde notre République. Comme nous l’avions prévu et inlassablement dénoncé, jour après jour, sur « Plume de presse, le blog sabre-au-clair d’un journaliste engagé ». Oui, ce jour-là, en entendant Sarkozy prononcer : « Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter », nous avons ressenti à la fois un profond mépris et une rage sourde. Comment peut-on suivre un homme capable d’une telle bassesse, qui touille de façon opportuniste dans la marmite xénophobe et fait ainsi monter à l’air libre des remugles nauséabonds ? En vérité, cette sortie annonçait bien des choses et justifiait bien des craintes. Se poser en gardien de la France quand on défend des valeurs qui tournent le dos à l’héritage des Lumières est une première imposture. Ce ne sera pas la seule. Expert en manipulation populiste, Sarkozy en a fait sa stratégie gagnante pour accéder au pouvoir. Et puisqu’il s’est trouvé 42,63% des inscrits pour lui offrir l’Elysée, qu’il dispose encore à présent de plus de quatre ans pour mettre à bas méthodiquement les principes fondateurs de la République, « laïque, démocrate et sociale » suivant la Constitution, il est plus que temps d’ouvrir les yeux de nos concitoyens – qui commencent, heureusement mais un peu tard, à déchanter. Peut-on vraiment interpréter la chute présidentielle dans les sondages, si vertigineuse soit-elle, comme une véritable prise de conscience, ou plutôt comme un mouvement d’humeur susceptible de se retourner ? Bien sûr que la stratégie de médiatisation de sa vie privée agace – voire horripile -, mais ce n’est jamais qu’un écran de fumée de dissipé. Il y a tout le reste, des questions bien plus graves pour notre pays. Est-on vraiment sûr que nos concitoyens ne se feront pas à nouveau berner dans quelques mois, jusqu’à réélire Sarkozy en 2012 ? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la grande manipulation de l’opinion, complaisamment relayée par les grands médias aux mains d’amis personnels du chef de l’Etat, ne menacerait plus ? Les Français sont-ils vraiment vaccinés, définitivement ? On peut en douter. D’où ce présent ouvrage presque sacerdotal, patiente réfutation citoyenne de l’imposture sarkoziste.
* Cet ouvrage est écrit, comme le veut la tradition journalistique, au pluriel de modestie, qui veut que l’auteur préfère le « nous » au « je », mais sans l’accorder.
Appel à souscription
Pour pré-commander le livre dès maintenant, adressez votre chèque (19,90 €) à l'ordre de "Les Points sur les i" et précisez au dos "Olivier Bonnet" (pas de paiement en ligne puisque nous n'encaissons pas le chèque avant la parution du livre) aux : éditions les Points sur les i - BP 96 - 94 272 Le Kremlin-Bicêtre Cedex. Merci.
09 février 2008
Blog suspendu, bouquin à venir
Chers lecteurs, chers camarades, chers amis,
Pardon d'avance pour l'impudeur de cette confession mais je suis au regret de vous informer que je suis aujourd'hui dans une situation catastrophique. Licencié il y a quelques années par le groupe de presse auquel j'appartenais, quand il a déposé le bilan, je ne vis que des piges que je parviens à vendre. Ces derniers mois, à la suite de la revente de titres qui m'employaient, j'ai perdu mes moyens de subsistance et ne touche plus aujourd'hui que 250 à 300 euros par mois (deux pages pour un magazine de la presse professionnelle), sans allocation ni aide d'aucune sorte. Je ne pourrai bientôt plus payer à la mère de mes deux enfants - qui touche le SMIG - leur pension alimentaire, ni le loyer de mon deux-pièces dans un village du Pays d'Aix où se loger est devenu hors de prix. Comme ces millions de Français qui ne parviennent plus à joindre les deux bouts. Un "intellectuel précaire", dit-on.
Lorsque j'ai créé Plume de presse, il y a bientôt deux ans (le 14 février), c'était pour ne pas rester inactif et verser dans l'auto-dévalorisation du chômeur de longue durée, pouvoir m'exprimer dans ce que je sais faire et produire même sans commande rémunérée. L'expérience s'avère éminemment positive. Ce blog est aujourd'hui classé 4ème de la catégorie politique par Wikio et vous êtes environ 4000 à venir le lire chaque jour. Une belle forme de reconnaissance, complétée par les référencements, au fil du temps et suivant les billets, par Rézo.net, Wikipédia, la revue de presse de Yahoo, De source sûre, Rue89, Politis.fr et Politis papier, l'Obs.com, Libération.fr et Libération papier, Acrimed, Bellaciao, Arrêt sur images ou encore le site de la Télé Suisse Romande. Las, tout cela ne me rapporte pas un centime. Il m'arrive fréquemment de passer quatre heures, entre la veille sur l'actualité, les recherches, la confrontation des sources et la rédaction, pour produire un billet quotidien. A cela s'ajoute la lecture des commentaires qui se doit d'être vigilante, puisque j'en assume la responsabilité juridique. Tenir ce blog est une vraie passion, mais elle est dévorante, et financièrement stérile.
Or mon seul projet concret aujourd'hui est l'écriture d'un livre. J'en ai trouvé l'éditeur, qui le présente comme suit sur son blog :
"L'écran de fumée créé par l'omniprésente communication présidentielle
résiste mal à un travail de vérification journalistique point par
point, jour après jour. Olivier Bonnet, auteur de "Plume de presse, le
blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé", se livre à cette
dissection méthodique du discours et des actes, les remet en
perspective et les confronte aux faits. Sous une plume acerbe et
caustique, son analyse prend alors la forme d'une implacable
démonstration : le "sarkozisme" repose avant tout sur une stratégie de
l'imposture permanente."
J'essaie depuis plusieurs semaines, mais je ne parviens pas à avancer dans l'écriture tout en continuant à animer Plume. Voilà pourquoi la décision s'est imposée à moi de suspendre les publications sur ce blog, le temps d'achever l'ouvrage.
Il sera disponible dès ce mois d'avril 2008 au prix de vente public de 17,00 € + 2,90 (de port et d'emballage - au réel ). Pour le pré-commander dès maintenant, je vous invite à adresser votre chèque (19,90 €) à l'ordre de "Les Points sur les i" et au dos préciser "Olivier Bonnet" (pas de paiement en ligne puisque nous n'encaissons pas le chèque avant la parution du livre) aux : éditions les Points sur les i - BP 96 - 94 272 Le Kremlin-Bicêtre Cedex.
"Vous avez aimé le blog ? Vous aimerez le livre !"
Portez-vous bien en attendant. De mon côté, j'ai un gros travail à fournir.
Et merci encore de vos nombreux témoignages de sympathie et de vos encouragements constants, dans vos commentaires ou via les courriers électroniques que vous m'adressez. Ils me font chaud au coeur.
Je retiens la suggestion d'un lecteur : si vous êtes un généreux mécène, cliquez depuis la page d'accueil de Plume sur le bouton "Faire un don".



