Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

10 décembre 2007

Infirmières bulgares : Sarko avait bien menti

263772La visite controversée du colonel Kadhafi en France est l'occasion de revenir sur l'affaire de la libération des infirmières bulgares et sur les mensonges répétés du chef de l'Etat dans ce dossier. Nous les dénoncions le 3 août dernier (lire Sarkozy, Supermenteur 2) et l'ex-émissaire européen en Libye, Marc Pierini, a apporté jeudi dernier de l'eau à notre moulin par ses déclarations sans ambiguité aucune devant la commission d'enquête parlementaire : "L'élément décisif a été la disponibilité de la France à se prêter à une discussion, fondamentale pour le colonel (Mouammar) Kadhafi, sur les armements et le nucléaire", a en effet déclaré celui qui a participé à tout le processus ayant permis la libération le 24 juillet des 5 infirmières bulgares et du médecin palestinien, incarcérés depuis 1999 et condamnés à mort sous l'accusation prétexte absurde d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens. Rappelons que le Président et son gouvernement ont affirmé à plusieurs reprises qu'il n'y avait eu "aucune" contrepartie à ladite libération, imités la semaine dernière par le conseiller diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte, qui a également nié devant la même commission que les accords signés lors de la visite de Sarkozy à Tripoli le 25 juillet aient été liés à la libération des ex-otages. "Paris et Tripoli avaient conclu un mémorandum d'entente sur le nucléaire civil et plusieurs accords de coopération, notamment dans le domaine militaire. Peu après, un contrat de ventes d'armes entre le groupe européen EADS et la Libye était annoncé", résume la dépêche de l'AFP. Mais rien à voir officiellement donc avec la libération des otages. Or que dit encore Pierini ? "Tout au long de cette affaire", Tripoli a demandé l'élargissement du Libyen Abdel Basset Ali al-Megrahi, détenu en Ecosse pour l'attentat de Lockerbie (270 morts en 1988), requête qui "a toujours fait l'objet d'un refus" anglais. "Ne pouvant aboutir, la Libye a regardé ailleurs. Le colonel Kadhafi connaît très bien" le chef du gouvernement italien Romano Prodi, mais "M. Prodi n'a pas de centrale nucléaire à vendre..." Pierini a aussi confirmé avoir signé un accord d'indemnisation de 460 millions de dollars, sarko_kadhafiprécisant que cette somme a été "avancée" par la Libye.

Résumons donc : contre l'évidence, Sarkozy a constamment persisté dans son refus autiste de reconnaître les contreparties offertes à Kadhafi en échange des otages. L'homme clef de l'Union européenne dans le processus des négociations, en officialisant le montant des indemnités à verser à Tripoli et en précisant que l'accord militaro-nucléaire avait été "l'élément décisif", vient de lui asséner un démenti cinglant, devant l'Assemblée nationale qui plus est ! Il nous semble que les médias ont été des plus discrets à ce sujet.

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08 août 2007

Le médecin palestinien va porter plainte contre Khadafi

ashram_hajouj"Pendant huit mois, j’ai passé toutes mes journées et toutes mes nuits à genoux, les mains attachées derrière le dos. [Il se lève et mime la position.] Dès que ma tête tombait de fatigue, je recevais un coup de chaussure en pleine figure. Pendant les interrogatoires, j’étais allongé, entièrement nu, pieds et mains attachés. Des électrodes étaient posées sur toutes les parties de mon corps, y compris les plus intimes, et je recevais des décharges électriques, chaque fois plus fortes. J’ai été brûlé par des cigarettes, mordu par des chiens. Regardez mes cicatrices ! [Il nous montre des traces sur ses mains, ses pieds, ses épaules.] Ils attachaient mes parties génitales avec des câbles électriques et me traînaient ainsi dans une cour de 40 mètres sur 40. Ils me forçaient à manger puis me frappaient à l’estomac pour me faire vomir, et je devais lécher ce que j’avais rendu. Ils me disaient : “Nous ferons ce que nous avons à faire. On te torturera jusqu’à ce que tu ne sois plus capable de parler devant un tribunal.” Plusieurs fois, ils m’ont piqué en répétant : “On va t’injecter le V.i.h. comme tu l’as injecté aux enfants.” Au réveil, je comprenais que ce n’était pas vrai, qu’ils m’avaient seulement anesthésié, parce que je ne sentais plus mon corps et que je m’écroulais à terre en vomissant. Ils voulaient me laver le cerveau pour que je finisse par croire ce dont ils m’accusaient. Ils ont menacé de torturer mes parents, de violer ma sœur devant moi" : le témoignage, recueilli par Paris Match, d'Ashraf Ahmad Jumaa Hajouj, le médecin palestinien naturalisé bulgare détenu durant plus de huit ans en Libye, est terrible. Ce qu'on sait du calvaire enduré par ses compagnes d'infortune tient en ces quelques lignes tirées d'un article de Libération : "Hier après-midi, Valia Tcherveniachka, 55 ans, est revenue en aparté sur les tortures subies en Libye. Après avoir décrit comment elle a été battue avec des câbles électriques, nue, des «bestioles» posées sur le ventre, elle n’a pas eu la force d’affronter la presse. Valentina Siropoulo, 48 ans, qui a souffert d’une paralysie du visage à la suite de tortures, aurait de graves problèmes de santé. Snejana Dimitrova, 54 ans, était littéralement épuisée. Sur les six anciens «otages», comme on n'a cessé de les appeler en Bulgarie, trois seulement ont eu la force d'affronter la conférence de presse."

Avant de libérer ces otages, on les a obligés à signer un engagement à ne pas poursuivre Tripoli. Aux dires des infirmières, qui se plaignent des pressions exercées sur elles par les autorités bulgares pour les empêcher d'engager une telle procédure, ce sont les représentants de l'Union européenne eux-mêmes qui les ont contraintes à signer ce papier. Faut-il donc vraiment se glorifier d'avoir obtenu la libération des infirmières et du médecin dans de telles conditions, monsieur le président de la république ? 462 millions d'euros versés aux familles des enfants atteint du Sida, un accord de coopération militaire entre la France et la Libye, la fourniture par Paris à Tripoli d'un réacteur nucléaire, deux contrats de ventes d'armes et, pour couronner ce que Sarkozy appelle "aucune contrepartie" avec un toupet aussi monstre qu'écoeurant, quand il accuse les socialistes de ne pas avoir fait libérer les otages de Khadafi avant lui, ce fameux papier par lequel infirmières et médecin renoncent à porter plainte. Mais rira bien qui rira le dernier : Liesbeth_Zegveldcet engagement n'a évidemment aucune valeur juridique et Ashraf Ahmad Jumaa Hajouj avait déjà affirmé dimanche dernier qu'il envisageait d'attaquer Muammar Khadafi pour "prise d'otage". Hier soir, il a fait annoncer par maître Liesbeth Zegveld, son avocate néerlandaise spécialiste des droits de l'Homme, qu'il allait effectivement porter plainte contre Tripoli, justement devant la commission des droits de l'Homme des Nations unies, "notamment pour torture et délais de procédure abusifs". Il serait piquant que l'ONU condamne le colonel Khadafi après que notre président lui a décerné un brevet de bonne conduite et de respectabilité, estimant : "Quand un pays va vers une normalisation (...), renonce au terrorisme, je préfère que l'on aide ce pays à aller vers la démocratisation". Ce à quoi le député et ancien ministre socialiste Jean Glavany rétorque : "Un pays qui torture et viole des infirmières indûment emprisonnées en voie de démocratisation ?" Bonne question.

Mise à jour : "Il y a bien eu des tortures à l'électricité (...) Et aussi des menaces de s'en prendre à leurs familles", reconnaît Seif el Islam Khadafi, le fils du colonel, dans une interview accordée à la chaîne Al Djazira le 9 août. On ne l'a jamais entendu autant partout, lui. A quoi joue-t-il ? En tout cas, il confirme ici l'évidence.

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03 août 2007

Sarkozy : supermenteur 2

Celui qui prétend incarner la rupture ne déroge en tout cas pas à la pratique coutumière du mensonge de son prédécesseur à l'Elysée. Sarkozy se moque de vous : Français, réveillez-vous !

Il a dit : "ni l'Europe ni la France (n'ont) versé la moindre contribution financière à la Libye".
Il a menti : 460 millions d'euros ont été versés au Fonds de Benghazi d’aide aux familles des enfants contaminés par le sida par la France, l'Union européenne, avancés par le Qatar.

Il a dit : "rien à voir", en réponse à l'accusation du réseau Sortir du nucléaire de s'être livré à un troc en la matière, le jour de la libération des infirmières bulgares.
Il a menti : deux jours plus tard est signé l'accord de la livraison d'un réacteur par la France à Tripoli. Tout se serait décidé en 48 heures sans que l'affaire n'ait été évoquée avant ? Balivernes ! Greenpeace accuse : "Cet accord pose un énorme problème de prolifération nucléaire et se situe dans la droite ligne de la politique française d’exportation irresponsable de sa technologie nucléaire. [...] Livrer du nucléaire civil à la Libye reviendrait à aider ce pays à accéder tôt ou tard à l’arme atomique".

khadafiIl a dit : "non", quand on lui a demandé si un accord d'armement avait été signé, ce que prétendait dans Le monde mercredi le fils Khadafi, Seif al-Islam.
Il a menti : la France et la Lybie ont signé hier - mais Seif al-Islam le savait la veille, d'où un gros doute sur la date ! - deux accords d'armement pour un montant de 168 et 128 millions d'euros.

Pour la bonne bouche, ajoutons que Kouchner a lui aussi menti, en prétendant : "Il n'y a pas eu d'accord, il n'y a pas eu de contrepartie, il n'y a pas eu d'argent donné, et il n'y a pas eu d'accord précis sur aucune arme". Les accords portent sur la fourniture de missiles anti-chars Milan - comme le disait justement le fils Khadafi - par MBDA, filiale d'EADS, et du système de communication radio Tetra par EADS directement. Mais peut-être n'était-il pas au courant, tant son rôle dans l'histoire, lui pourtant en charge du portefeuille des Affaires étrangères, s'est borné à jouer la potiche de l'impératrice Cécilia. C'est en tout cas l'opinion de François Hollande : "Le pire, c'est qu'il ignorait tout de cette affaire", déclare ainsi le Premier secrétaire du PS. Mais il est par contre certain que l'hyperprésident de la république, qui s'approprie tous les dossiers et décide de tout, était lui au courant du moindre des détails.

Rappelons les mots du candidat Sarkozy : "Je ne vous mentirai pas".

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27 juillet 2007

Sarkozy et l'affaire libyenne : la presse européenne acerbe

logo_eurologo_nucleaireinfirmi_res_bulgaresEn France, l'opération libyenne des Sarkozy passe pour un franc succès. Anesthésiée par l'état de grâce, l'opinion majoritaire  a pour ce président les yeux de Chimène, au point de les fermer devant ses mensonges flagrants. Cette cécité n'atteint évidemment pas la presse européenne, qui se répand en commentaires acerbes. Que penser en effet d'un chef d'Etat qui affirme que la France a payé "zéro euro", comme l'Union européenne, quand on sait que la facture ("la rançon qui ne dit pas son nom", d'après le quotidien La libre Belgique) de la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien se monte à 460 millions d'euros (avec une participation qatarie) ? "L'affirmation de Nicolas Sarkozy selon laquelle l'UE n'a rien payé est la trouvaille diplomatique de l'année", moque le quotidien belge De Standaard. "L'UE récompense les crimes de Kadhafi", écrit pour sa part le journal danois Berlingske Tidende : "le crime paie toujours, en tout cas si on s'appelle Mouammar Kadhafi et qu'on est le maître absolu d'un pays avec du pétrole sous le sable du désert, et avec potentiellement un marché très prometteur à la frontière de l'UE". Même son de cloche en Allemagne, dans le Frankfurter Rundschau : "Les démocraties n'acceptent pas le chantage, nous disent les politiques. Elles l'acceptent, pourtant (...) Au-delà du sentiment d'impuissance, on est en droit d'être quelque peu en colère lorsque des prises d'otages d'Etat se terminent de cette manière". En Allemagne toujours, le Handelsblatt se montre plus violent envers les époux Sarkozy qui "se mettent en scène, prennent des poses de héros, comme s'ils avaient été les seuls sauveurs des victimes (...) d'autres intérêts sont en jeu : il veut vendre des marchandises contre du pétrole et du gaz, et se présenter ensuite comme un grand diplomate, qui réussit à ramener la Libye de Kadhafi sur le chemin de l'Europe". La conclusion aux Italiens de La Republica : "le président Sarkozy et sa femme Cécilia, selon l'opinion de beaucoup, se sont introduits dans l'affaire libyenne, en réclamant la gloire a posteriori alors qu'en réalité tout avait été décidé dans les détails depuis au moins quinze jours". Sans compter que, à la suite des accusations du réseau Sortir du nucléaire de se livrer à un "troc nucléaire" pour obtenir l'élargissement des infirmières, Sarkozy s'était insurgé en prétendant que ça n'avait "rien à voir" avec la négociation menée. Sauf que deux jours plus tard, de retour en Libye, le président français signe l'accord de la livraison d'un réacteur par la France à Tripoli. Mais évidemment, il n'en a absolument pas été question deux jours plus tôt, mauvaise langue ! Etat de grâce, on veut bien, mais de là à se moquer si ouvertement du monde... Que penser en outre de cette démarche qui place un dictateur en position d'acquérir l'arme atomique ? Officiellement, il n'est question que de nucléaire civil, mais il en va de même en Iran et la position sarkoziste est aux antipodes dans ce deuxième dossier. Et puis on commence par le civil, premier pas avant l'acquisition de la technologie pour passer au nucléaire militaire. Peut-on faire confiance au nouvel ami de l'impératrice Cécilia ? Pure folie, quand on connait l'oiseau. Mais les affaires sont les affaires. Et Sarkozy a beau avoir menti à la fois sur les indemnités versées à la Libye et sur l'accord nucléaire, il semble que ça ne gêne pas grand monde en France.
Alors retournons donc à la plage.

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25 juillet 2007

De la légitimité démocratique de l'impératrice Cécilia

no_l_mam_re"La France a capté le long travail réalisé par l'UE. Elle l'a fait à son profit. C'est un mauvais coup de la France à l'Europe. Il faut se demander si M. Sarkozy a décidé de faire de sa femme la nouvelle ministre des Affaires étrangères et à quoi sert Bernard Kouchner. Le problème est de savoir si Mme Sarkozy a été élue et a la légitimité du suffrage universel. La réponse est non. Elle est la femme du président, point barre. Elle n'a pas à être associée à des opérations de cette envergure qui peuvent avoir des conséquences très importantes du point de vue géostratégique. Nous avons maintenant, non pas un président de la République, mais un couple à la tête de l'Etat. Est-ce que c'est ça la République ?" : Noël Mamère*, le député Vert, bien connu maire de Bègles, ancien journaliste, marieur contrarié pour couple homosexuel et "grande gueule" de gauche, fait écho à nos préoccupations dans cette affaire des infirmières bulgares (et du médecin palestinien). Dont il faut bien sûr se réjouir du dénouement. Même s'il faudrait savoir précisément quelles contreparties nous allons offrir à ce cher Khadafi, le nouvel ami de l'impératrice. Après nous avoir enseigné khadafi_afficherécemment que son mari de président et Vladimir Poutine, quelque part, "se ressemblaient", a-t-elle trouvé cette fois encore des points communs entre Sarkozy et le délirant leader de la révolution libyenne ? En tout cas, hommage est rendu par l'Elysée au beau Mouammar : le président français remercie "le colonel Kadhafi d'avoir compris qu'il était important que cette décision soit prise". Et d'avoir accepté d'encaisser une rançon pour les otages de la justice libyenne (que Sarkozy jure que ni la France ni l'UE n'ont versée, renvoyant vers une histoire d'Arabes et contredit par les Libyens) ? Mais la plus drôle des déclarations sarkozistes reste celle où il se réjouit d'avoir "travaillé main dans la main" avec la commission européenne, alors qu'on sait que le premier voyage de l'impératrice (accompagnée du Grand chambellan Guéant), le 12 juillet, a été organisé sans qu'en soit informée la Commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, qui travaille sur ce dossier depuis quatre ans et n'en décolérait légitimement pas ! On se gaussera enfin que Sarkozy loue le "travail tout à fait remarquable" accompli par... sa femme : "J'ai pensé que Cécilia pouvait mener une action utile, ce qu'elle a fait avec beaucoup de courage, beaucoup de sincérité, beaucoup d'humanité et beaucoup de brio". On ne peut pas dire qu'il soit (beaucoup) avare en compliments ! Même le communiqué officiel de l'Elysée met en valeur son intervention, précisant dans sa dernière phrase que "ce dénouement n'aurait pas été possible (...) sans l'engagement personnel de Mme Cécilia Sarkozy". Et Kouchner alors, rappelez-nous son rôle ? Le voilà potiche de l'impératrice. C'est lui qui est ministre des Affaires étrangères, mais l'on envoie à sa place une femme qui n'a pour toute légitimité que celle d'avoir épousé l'homme devenu président. La belle couleuvre ! Même un Patrick Devedjian, co-secrétaire général de l'UMP et grand fan d'Anne-Marie Comparini, ne s'y trompe pas : il souhaite que soit inscrit au menu des discussions sur les réformes institutionnelles la question du statut du conjoint du président, ce qu'il explique en observant que "dans la monarchie (...), le conjoint du monarque a une place institutionnelle". Révélateur qu'il lui vienne comme comparaison celle de la monarchie. Sarkozy aurait-il fait basculer la France dans un nouveau système politique, où le souverain est élu au suffrage universel ?

* : aucun lien de parenté avec Gaël Monfils

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Nicolas et Cécilia Sarkozy en vacances à Martigues (archives personnelles)

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24 juillet 2007

Sarkozy et les discussions qui regardent les Arabes

sarkozy_ensemble_tout_devient"Les discussions qui ont eu lieu entre le Qatar et la Libye, deux pays arabes, sont des discussions qui les regardent, et s'ils ont à communiquer dessus, ils communiqueront dessus", a expliqué le président Sarkozy durant la conférence de presse ayant suivi la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. Surprenant. Est-ce à dire : "on ne va quand même pas s'occuper de ce que se disent les Arabes entre eux" ? Complétons alors : "vous savez, ces gens-là, ils ne sont pas comme nous, laissons-les arranger ensemble leurs affaires d'Arabes." Troublante conception tout de même, saisie au détour d'une petit bout de phrase à l'allure anodine, qui révèle une grille d'appréhension des rapports humains, fussent-ils internationaux, suivant des critères ethniques. Cette sortie est intervenue alors qu'on demandait à Sarkozy si le Qatar avait payé quelque chose en échange de la libération des otages de la justice libyenne. Le mari de Cécilia a en tout cas assuré que "ni l'Europe ni la France" n'avaient "versé la moindre contribution financière à la Libye". Mais le chef de la diplomatie libyenne, Abdelrahman Chalgham, le contredit en précisant que les contributions française et européenne avaient pris la forme d’un versement au Fonds de Benghazi d’aide aux familles des enfants contaminés par le sida. Lequel ment ?

Mise à jour : deuxième billet sur la même affaire, concernant le rôle de Cécilia Sarkozy, à lire ici.

Posté par Olivier Bonnet à 22:37 - Otages bulgares de Khadafi - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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