20 décembre 2007
Manaudou nue : les limites de la censure
Enorme
buzz sur le Net à propos des photos de Laure Manaudou nue, qui se traduit par une multiplication par dix des requêtes sur google concernant la championne. Elle bat même Carla Bruni ! La menace de
plainte a fait renoncer les blogs et sites français à publier les clichés du scandale, et
obligé ceux qui les avaient dans un premier temps mis en ligne à les
supprimer. Si bien qu'il n'est plus possible aujourd'hui de trouver les
photos qui excitent les curieux sur l'Internet... français ! Mais
ailleurs ? Facile. Quelques minutes de googlage avisé et voilà le travail (photo ci-contre) : un blog italien* n'a même pas peur ! Les efforts de Maître Poulmaire, l'avocat de la nageuse, n'y peuvent rien. L'internationalisation de l'information ainsi que sa propagation virale interdisent d'envisager sérieusement aujourd'hui la censure totale et efficace d'un contenu, quel qu'il soit. Il convient parfois de s'en plaindre. La championne française n'a certainement pas l'exhibitionnisme si développé qu'elle entendait dévoiler sa nudité, livrée en poses suggestives, aux yeux de tout internaute émoustillé. Elle s'est simplement livrée à une séance coquine avec son petit ami du moment - rien ne prouve qu'elle ne date pas d'avant la période Luca Marin, le journal Aujourd'hui en France écrivant que les photos ont été proposées à la presse il y a plusieurs mois. L'exposition publique des images de cette vidéo intime (sex tape dit-on) est bien sûr condamnable. Une fois qu'on a précisé cela, on peut aussi craindre que l'intervention personnelle du secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, qui se répand dans les médias en indignation outragée, ne soit contreproductive, en braquant un peu plus les projecteurs de l'actualité sur cette affaire. L'effet collatéral pourrait être de fournir de nouveaux arguments à ceux qui s'inquiètent de la libre expression sur Internet, en diabolisant une nouvelle fois la Toile, présentée comme l'ultime repaire des rumeurs, des
calomnies et des déballages les plus sordides. Ne tombons pas dans ce panneau : Internet doit rester ce canal alter-informatif qui, parfois, lorsqu'un sujet fait la "Une" de la blogosphère, oblige les médias dominants à embrayer. Aurait-on ainsi vu les stupéfiantes images de la conférence de presse de Sarkozy au G8, après son entrevue avec Poutine, si la vidéo diffusée par une chaîne belge, assortie d'un commentaire moqueur du journaliste ("apparemment, il n'avait pas bu que de l'eau"), n'avait été visionnée des millions de fois sur le Net ? A l'heure du ron-ron des principaux médias anesthésiés, le Réseau doit plus que jamais rester ce potentiel contrepouvoir. Et cette mise en garde n'est pas gratuite : alors qu'il était ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres n'avait-il pas esquissé un projet de censure de l'information en ligne ? Gare à ne pas jeter le bébé de la liberté d'expression sur Internet avec l'eau du (grand) bain de Laure Manaudou.
* : dont nous ne divulguons l'adresse que sur FaceBook (;-)
21 mai 2007
Le sosie exhibitionniste de Jessica Biel
"Je n’ai pas ma poitrine sous mon menton, je ne montre pas mes fesses, ni même mes jambes", déclare l'actrice américaine Jessica Biel dans un entretien au magazine GQ, se disant navrée de son image sexy qui empêcherait les studios hollywoodiens de la prendre au sérieux : "J’espère que mon travail aidera les
producteurs à oublier mon côté sexy et hot. Je n’essaye pas de faire
les gros titres, cela me gêne d’ailleurs. J’essaye de me faire discrète". Signalons que, dans son prochain film dont le tournage démarre en juillet, Powder Blue, elle jouera le rôle d'une... stripteaseuse. Idéal pour casser son image sexy. Pauvre Jessica, victime des agissements d'un sosie exhibitionniste, qui dévoile ses charmes dans la presse alors que la vraie Jess, si discrète, ne quitte jamais son col roulé ! La preuve en photos.


13 février 2007
Les Dixie Chicks prennent leur revanche sur la censure
En 2003, le groupe de country music des Dixie Chicks ("nanas du sud des Etats-Unis") est au sommet de sa popularité. C'est alors que, durant un concert, la chanteuse Natalie Maines s'exprime à propos de la guerre en Irak et déclare avoir honte d'être une compatriote de George Bush. Dans une Amérique où patriotisme et politiquement correct sont les mamelles du terrorisme intellectuel, les radios cessent alors immédiatement de programmer leurs chansons et les ventes d'albums comme de places de concerts du trio de Texanes s'effondrent. Les Dixie Chicks ont pris dimanche soir une éclatante revanche sur la censure, raflant pas moins de cinq Grammy awards lors de la prestigieuse cérémonie annuelle de Los Angeles : meilleur album country , meilleure performance pour un groupe, meilleur enregistrement, meilleure chanson et, top of the top, meilleur album de l'année, toutes catégories confondues. La dernière fois qu'une production country avait ainsi été sacrée remonte à 1969... "Je crois que les gens ont fait usage de leur liberté de parole ce soir avec toutes ces récompenses", s'est réjouie Natalie Maines. Sans doute le vent a-t-il aussi tourné, comme l'illustre la victoire démocrate au Congrès. Toujours est-il que le 20 février prochain sortira aux Etats-Unis le DVD documentaire Shut up & sing ("chante et tais-toi"), qui retrace toute la période où les trois Texanes étaient traitées en parias. Menaces de mort, attaques personnelles : il est intéressant de mesurer combien les pressions diverses ont presque réussi à briser leur carrière. Doutons néanmoins que cette oeuvre suffise à nous réconcilier avec la country !
07 février 2007
Tournée des Enfoirés : Noah cafouille
On sait qu'ici, on aime bien Yannick Noah, surtout quand il renvoie Nicolas Sarkozy dans les cordes. On était donc tout prêt à le suivre lorsque Le Point du 30 janvier se fit l'écho, dans sa rubrique Nos confidentiels exclusifs, du coup de gueule du chanteur, poussé durant la tournée des Enfoirés à Nantes : «Je viens chanter bénévolement pour les Restos du Coeur, je ne vais tout de même pas en profiter pour me faire héberger dans un palace de milliardaires.» En cause, l'installation de toute la troupe à 80 Km de la ville, à La Baule, dans le très luxueux palace L'Hermitage. Pour montrer son désaccord, Noah a préféré rester à Nantes et résider au Mercure. L'affaire a fait grand bruit, relayée sur divers blogs, dont celui de Jean-Marc Morandini. Beaucoup plus, en tout cas, que la rectification de Noah, au micro de la radio RTL le 3 février dernier : «Moi je suis très content d'être Enfoiré depuis longtemps. Tant qu'on a besoin de moi, je le fais... Oui, l'hôtel, c'est un bel hôtel... il se trouve que ce bel hôtel nous a fait des tarifs apparemment, et que c'était moins cher que les autres, donc je vois pas où est le problème. [...] Moi j'avais décidé de rester à Nantes, j'ai passé la semaine avec mes enfants. C'est beaucoup plus pratique en jouant au Zénith tous les soirs, en faisant des répétitions ; d'autant plus que j'ai des copains là-bas... Encore une fois, l'objectif, c'est de rassembler et de ramener le plus d'argent possible pour les Enfoirés. Alors moi, que je sois dans un bel hôtel tant mieux, mais si je suis dans un hôtel moins prestigieux, ça ne
me pose aucun problème.
07 janvier 2007
Nouvelle affaire de vidéo sexy sur Internet
L'été dernier, la top model brésilienne Daniela Cicarelli, ex du footballeur Ronaldo, a été filmée à son insu sur une plage de Cadix (Espagne), en flagrant délit de flirt ultra poussé avec son nouveau petit ami, un jeune banquier brésilien du nom de Renato Malzoni : baisers profonds, attouchements divers et coït aquatique pour finir en beauté. Le couple ayant porté plainte contre YouTube qui hébergeait la vidéo de leurs ébats, un juge a exigé la suppression du clip en question sous peine d'une amende de 119 000 dollars. YouTube s'est alors exécuté, mais en vain, la séquence délictueuse réapparaissant obstinément à chaque fois qu'elle était retirée. Si bien que l'affaire est remontée jusqu'à la cour suprême du Brésil ! Le juge Enio Santarelli Zuliani a alors émis une nouvelle injonction, mais toujours sans résultat : taper "Daniela Cicarelli video" sur un moteur de recherche amène le curieux vers de nombreuses adresses où visionner le film des jeux plagistes de la belle (par exemple ici). Leçon à retenir de l'histoire : une fois qu'un fichier (texte, image ou son) est lâché sur Internet, impossible de faire machine arrière, rien ne pouvant empêcher de petits malins l'ayant récupéré de le remettre en ligne. "Internet est une démocratie, et l'on doit en défendre les droits, mais sur ce genre de phénomène, on doit conserver un moyen de contrôle et éviter les violations de droits des personnes, comme le droit à la vie privée et à l'intimité", s'indigne vainement l'avocat de Daniela. Il a bien raison. Mais oserait-on lui suggérer que le meilleur moyen de protéger sa vie privée n'est certes pas de s'exhiber très impudiquement en public ?
05 décembre 2006
George Clooney en deuil
Volage, George Clooney ? C'est oublier un peu vite qu'il vivait depuis 19 ans avec Max. Il avait coutume de dire qu'il s'agissait-là de sa relation la plus longue. Aussi présentons-nous toutes nos condoléances à l'acteur américain : son porc domestique est décédé. "Paisiblement", a précisé l'agent de la star, d'une mort naturelle. Mais tout de même, la vie est cruelle.
Adieu, Max !
29 novembre 2006
Arthur en vrai : le bide !
L'autoproclamé "animateur le plus con de la bande FM" a élargi depuis belle lurette le champ de ses activités à la télé, où il prouve qu'il est loin d'être con, mais qu'il prend le public pour tel, ce en quoi il a bien raison, ses parts de marché en témoignent. Arthur, donc, s'est aussi lancé dans le one-man-show, et avouons que rien ne l'obligeait à cette mise en danger. Parce qu'objectivement, comme l'ont dit les critiques unanimes autant que féroces de son spectacle Arthur en vrai, être comique est un métier. Donc sa prestation est lamentable. Du coup, ce fameux public a beau être con, il traîne tout de même des pieds. Ainsi, le grand Arthur était annoncé en personne dans la charmante ville de
Martigues pour le 16 décembre, en spectacle à La Halle. La veille, c'est Noëlle Perna, interprète de Mado la Niçoise, qui s'affichera sur ces mêmes planches. Bilan des réservations à ce jour pour les deux spectacles : 1500 places déjà vendues pour Perna, 200 pour Arthur. Du coup, le roi de TF1 a piteusement annulé son show. Ce qui ne l'empêchera pas de continuer à présenter à la télévision son innommable jeu A prendre ou à laisser. Ce con de public martégal, lui, en tout cas, a laissé !
28 octobre 2006
Meurtres à Hollywood, l'interview
En complément à notre article Meurtres à Hollywood, nous avons interrogé la journaliste Hélène Merrick, justement auteur d'un ouvrage également titré Meurtres à Hollywood, paru en mai dernier. Voici la version intégrale de l'entretien en partie publié dans Playboy.
Pourquoi Hollywood ?
Hélène Merrick : D'abord, je suis journaliste de cinéma, c'est ce qui m'a amenée à me pencher sur ce sujet. Ce qui m'a intéressée, c'est d'essayer de comprendre pourquoi, dans ce monde de beauté et de glamour, peut survenir une telle violence, des actes aussi sanglants. Il y a un énorme contraste entre cet aspect sordide et la "lumière" de ce métier.
Qu'est-ce qui vous a le plus frappée en enquêtant sur ces crimes ?
D'un côté, on a un monde, derrière les paillettes, finalement assez simple. La plupart de ces acteurs et actrices ne sont pas des intellectuels, ils sont souvent plutôt gentils. Ce sont des victimes quand leur popularité et leur célébrité déchaînent chez les détraqués des passions et des violences hors du commun et hors de propos. C'est affolant de voir comment ce Chapman s'est acharné sur John Lennon ! Sans parler des épouvantables crimes qui se sont produits dans la maison de Roman Polanski et Sharon Tate, qui sont à mon avis les plus atroces de tous.
Mais quand elles sont coupables, les célébrités sont-elles toujours condamnées ? La justice est-elle rendue de façon sereine ?
Il y a tellement de "traficotages" au tribunal... L'affaire O.J. Simpson est caractéristique. Il fallait qu'il soit acquitté, coûte que coûte. Ses avocats ont illustré tout l'art de tourner autour du pot, ils ont réussi à tout embrouiller. A commencer par le jury. Pour moi, il est coupable, je n'ai pas peur de le dire. Il y a des preuves, le sang partout, dans sa voiture, sur lui... Mais les procès deviennent de plus en plus du cirque. Un cirque médiatique qui a démarré dès qu'O.J. s'est enfui en voiture, filmé en direct pour la télévision. Les gens le
suivaient en vélo, l'applaudissaient dans les rues, comme si c'était le 14 juillet ! (Plutôt le 4, là-bas, Nda) On a également un Simpson qui est, ne l'oublions pas, certes un footballeur, mais aussi un acteur, quoi qu'on en dise. Et il est parvenu à s'afficher avec une tête de victime, à attirer la sympathie, tout cela filmé en permanence... Forcément, cette médiatisation modifie la perception des gens. La justice n'a pas été rendue de façon sereine.
Le prochain qui sera jugé, en janvier, c'est Phil Spector. A priori, il est coupable...
Oui, il ne s'en est d'ailleurs absolument pas caché, au début.
Mais sera-t-il pour autant condamné ?
Ce n'est pas sûr. Il pourrait plaider la folie, un moment d'égarement. Et puis il est très riche : il va se payer un bataillon d'avocats... Espérons que les parents de cette pauvre Lana Clarkson, qui n'était qu'une starlette - je le dis sans que cela soit péjoratif -, auront assez d'argent pour bien se défendre.
Ca fait s'interroger sur la façon dont la justice est rendue...
Ca fait s'interroger sur tout ! Il y a deux vitesses dans tous les domaines. Il y a ceux qui sont riches, et qui s'en sortent, et ceux qui sont pauvres, qui ne s'en sortent pas.
27 octobre 2006
Meurtres à Hollywood
Avant-première : Les 20 crimes hollywoodiens les plus
épouvantables (Hollywood most horrifying murders)
Diffusion le 27 novembre à 20 h 50 sur E! Entertainment (Canal Sat).
Hollywood est couramment synonyme du rêve américain, de la
gloire et de la richesse… Pour qui veut se lancer dans le monde du spectacle,
il n’y a pas un endroit plus prestigieux que la capitale mondiale incontestée
du cinéma, où se côtoient les plus grandes stars de la planète. Une forme de
Graal en somme, dont la quête peut pourtant se fracasser cruellement sur
l’écueil d’un réel sordide. Alors derrière les paillettes et le glamour, on
découvre l’horreur. Combien de jeunesses, attirées par le monde du showbiz
comme des papillons par la flamme d’une bougie, ont vu leur existence s’achever
brutalement dans des circonstances tragiques? Combien d’histoires
semblent commencer en conte de fées pour s’achever en film d’épouvante ?
"Los Angeles : vous y venez en vacances, vous en repartez en liberté
conditionnelle", écrit le grand maître du roman noir James Ellroy dans
Crimes en série. Ville
du crime et des illusions sur grand écran, royaume de l’artifice et des
faux-semblants que l’écrivain
nous décrit comme personne, notamment dans L.A.
Confidential, brillamment adapté au cinéma en 1997. A
Hollywood voisinent le star system, l’argent qui coule à flots indécents, tout
un univers fantasmatique, avec un envers du décor bien moins reluisant :
les parasites qui gravitent autour des peoples, les convoitises, les jalousies
mortelles, le chacun pour soi, les ambitions arrivistes implacables, le trafic
de drogue, les affaires de mœurs… Quand la réalité rejoint la fiction, les
crimes d’Hollywood se font aussi atroces que ceux racontés dans ses films les
plus noirs ! Le documentaire Les 20 crimes hollywoodiens les plus
épouvantables, que diffuse le 27 novembre sur Canal Sat la chaîne E!
Entertainment, leur est entièrement consacré. Florilège macabre.
Le clan maudit des Brando
Christian Brando, dramatiquement délaissé par son père
Marlon, est très proche de sa demi-sœur Cheyenne, de onze ans sa cadette, à qui
il entend apporter la protection et la sécurité affective qu’il n’a jamais
eues. Aussi, le jour où la jeune femme, enceinte de quatre mois, se plaint
auprès de lui que le père de l’enfant à naître, Dag Drollet, la bat, le sang de
Christian ne fait qu’un tour. Sous l’emprise de l’alcool, qu’on sait avoir sur
lui l’effet désastreux de déchaîner la violence de sa colère, il se rend armé
dans la maison familiale des Brando, où se trouve l’homme, et l’abat d’une
balle dans la tête. Il prétendra la mort accidentelle, invoquant une lutte
durant laquelle le coup serait parti tout seul. Mais l’enquête prouvera qu’au
moment de mourir, Drollet tenait entre ses mains la télécommande, un paquet de
feuilles, de tabac et un briquet. Aucune lutte, donc. Descendu sans avoir eu le
temps d’esquisser un geste. Christian Brando, reconnu coupable, ne sera
condamné qu’à dix ans de prison et libéré sur parole au bout de six. De son
côté, Cheyenne ne se remettra jamais de cette histoire et finira par se pendre
le 17 avril 1995. Marlon Brando, durant le procès Drollet, avait eu cette
phrase : « j’ai peut-être échoué en tant que père… »
Ils étaient deux copains, deux rappeurs en pleine
ascension. Lesane Parish Crooks, mieux connu sous le nom de Tupac Shakur, et
Christopher Wallace, alias Notorious Big ou Biggie Smalls. Tous deux venaient
de la rue et étaient passés par la délinquance avant d’exploser grâce au rap.
Mais les mauvaises fréquentations ont la vie dure. Pour de sombres histoires de
rivalités territoriales entre gangs, les deux hommes deviennent le symbole de
l’opposition East coast – West coast et s’écharpent dans les interviews ou les
textes de leurs chansons. La tension monte d’un cran le jour où le Californien
Tupac réchappe miraculeusement à une tentative d’assassinat dans le hall d’un
studio d’enregistrement new-yorkais. Il est atteint par cinq balles dont une
dans la tête mais s’en sort. Une agression en plein fief de Biggie, qu’il n’a
de cesse de se vanter de contrôler… Il n’en faut pas plus pour que Shakur
l’accuse. Notorious nie. Mais le 7 septembre 1996, à Las Vegas, alors qu’il rentre en voiture d’un match de
boxe de Mike Tyson, une Cadillac blanche se porte à la hauteur de la BMW noire
de Tupac et des coups de feu éclatent. Pas de miracle cette fois : il est
abattu de quatre balles dans la poitrine. On ne retrouvera jamais ses
meurtriers. Son rival new-yorkais est à nouveau soupçonné, et il nie encore.
Mais six mois plus tard, le 9 mars 1997, Notorious Big est à son tour
assassiné, alors qu’il se trouve à Los Angeles pour une remise d’awards.
Là encore, le mode opératoire est le drive-by shooting (fusillade en
voiture) cher aux gangs. Une douzaine de témoins assistent à la scène, mais les
meurtriers ne seront là non plus jamais arrêtés. La guerre du gangsta rap
aura fait ses deux morts les plus célèbres.
Un si joli petit couple !
Phil Hartman, 49 ans, acteur qui monte (Saturday night
live, L’alarme fatale, Small soldiers…), est marié avec
Brynn, une blonde sculpturale, comédienne et modèle : l’image de la
parfaite félicité conjugale. Mais voilà : elle a mis un temps sa carrière
entre parenthèses, pour se changer en maman au foyer, et elle n’obtient plus
que, parfois, de minuscules bouts de rôles. Par devant, la façade du bonheur
parfait, mais les anti-dépresseurs en coulisses. Une femme de quarante ans
rongée par les regrets et les frustrations existentielles, abusant des cachets,
de l’alcool et accro à la cocaïne. Alors une nuit, le 27 mai 1998, au retour
d’une soirée passée à boire des margaritas dans un restaurant, Brynn
abat son mari dans son sommeil, de trois balles tirées à bouts portants, deux
dans la tête et une dans la poitrine. Elle met fin à ses jours le lendemain
matin. Le couple avait deux enfants de six et neuf ans. Comment expliquer un
tel basculement dans l’horreur ? La famille de Brynn attaquera en justice
les laboratoires Pfizer, commercialisant le Zoloft que prenait l’actrice et
accusés de ne pas avoir prévenu des effets secondaires de ce traitement,
potentiellement violents et suicidaires. Une affaire que ne tranchera jamais la
justice : Pfizer s’est résolu à verser un dédommagement dont le montant
n’a pas été révélé.
Noirs contre blancs : l’affaire O.J. Simpson
En ce 12
juin 1994, Nicole Brown Simpson, divorcée depuis deux ans du footballeur
américain O.J. Simpson, qui la maltraitait, passe la soirée au restaurant.
Rentrée chez elle, elle s’aperçoit avoir oublié ses lunettes et un serveur de
ses amis, du nom de Ron Goldman, accepte de venir les lui apporter. Alors que
l’homme vient d’arriver et que Nicole est en sa compagnie devant la porte de
chez elle, un homme armé d’un couteau les attaque. Ron est poignardé à 11
reprises et Nicole 8 fois, à la tête et dans le cou, avec un acharnement
inimaginable. Très vite, des indices accablants désignent OJ : son sang
est retrouvé partout sur la scène du crime et celui des victimes dans sa voiture.
Sa première réaction est du reste la fuite, à bord de sa Bronco,
poursuivie par la police devant les caméras des hélicoptères de la
télévision ! La médiatisation de son procès atteint des sommets avec le
verdict rendu en direct devant 100 millions de téléspectateurs. La police est
soupçonnée par les partisans de la vedette d’avoir fabriqué des preuves – ce ne
serait pas la première fois - et l’opinion américaine est profondément divisée
entre noirs et blancs. Le jury comprend 10 noirs sur 12 jurés et O.J. est
acquitté au bénéfice du doute. Devant un tribunal civil, il sera ensuite
« jugé responsable » de la mort de Nicole et Ron et condamné à
verser plus de 30 millions de dollars. Par un jury cette fois majoritairement
blanc. Sans doute coupable, l’homme a bénéficié du contexte explosif de l’après
émeutes de Los Angeles et coule aujourd’hui des jours paisibles en Floride.
Une longue lignée sanglante
Le
documentaire Les 20 crimes hollywoodiens les plus épouvantables épluche
les annales du Los Angeles Police Department depuis soixante ans, en remontant
au « Dahlia noir », cette jeune fille de 22 ans littéralement saignée
à blanc en 1947. Le satanique Charles Manson et le fantôme de Sharon Tate,
massacrée en 1969, sont bien sûr de la revue. Au fil de l’histoire défile une
lignée sanglante de victimes aux profils variés, comme Dorotty Stratten, playmate
de l’année 1980 et prometteuse actrice, assassinée d’une cartouche de fusil à
pompe en plein visage, par son mari qu’elle voulait quitter. Comme le chanteur
Marvin Gaye abattu par son propre père, sa consoeur Selena tirée dans le dos
par l’ancienne présidente de son fan club, John Lennon tombant sous les balles
d’un admirateur cinglé, de la même façon que la jeune actrice montante Rebecca
Schaeffer, elle aussi victime d’un fan psychopathe. On croise encore la porno
star John Holmes, impliqué dans un quadruple homicide sauvage, et le couturier
Gianni Versace, descendu un matin devant chez lui par un serial killer.
Ou encore les frères Menendez, meurtriers de sang-froid de leurs deux parents
dans des circonstances particulièrement horribles : ils sont retournés à
leur voiture recharger leur armes après avoir criblé le père de balles, avant
de revenir exécuter leur mère. Deux affaires plus récentes conservent enfin
tout leur mystère. L’acteur Robert Blake, vedette de la série Baretta,
est-il coupable du meurtre en 2001 de sa femme Bonny Lee Bakley ? Il fut
acquitté en 2003, même si on peut nourrir de sérieux doutes sur son innocence.
D’ailleurs, comme O.J. Simpson, il a ensuite été condamné au
civil (30 millions
de dollars à verser aux enfants de Bonny). Et le fameux producteur de musique
Phil Spector, a-t-il assassiné l’actrice et hôtesse de nuit Lana Clarkson en
2003 ? Après l’avoir « levée » dans un club, il l’a ramenée chez
lui. Son chauffeur entendit plus tard un coup de feu et vit arriver un Spector
défait : « je crois que je l’ai tuée… » D’une balle dans
la bouche. C’est ce qu’il dit d’abord à la police, parlant d’un accident. Puis
il se ravise et explique qu’elle s’est suicidée. Avec une querelle d’expert à
la clé : quand on se tire une balle dans la bouche, est-ce entre les dents
ou à travers ? Dans le cas de Lana, on a retrouvé les éclats de sa
dentition pulvérisée par la balle… Alors ? Au jury populaire de décider.
Comme toujours à Hollywood, sans garantie que justice soit vraiment rendue.
Article à paraître dans le magazine Playboy
20 octobre 2006
Noah : 2 - Sarkozy : 0
On s'en souvient, Yannick Noah avait déclaré, dans une interview accordée à Paris Match : "Si Sarkozy passe, je me casse". Une phrase qui avait été censurée par le directeur de la rédaction de l'époque, Alain Genestar, soucieux de ne pas déplaire à l'apprenti despote au petit pied. Ce qui, entre parenthèses, n'avait pas sauvé le zélé censeur, dont Sarkozy a finalement obtenu la tête auprès de son grand ami Arnaud Lagardère, patron du groupe Hachette Filipacchi auquel appartient l'hebdomadaire (et aussi d'Europe 1). Suite à l'affaire de la couverture montrant Cécilia et son amant de l'époque : viré pour cause de lèse-cocu ! Bref, la petite phrase de Noah, bien que censurée, avait fait grand bruit et fortement déplu au candidat UMP, qui en a parlé dans son livre Témoignage. Interrogé par Les Grandes Gueules de RMC, le chanteur a tenu à faire une mise au point : "Dans son bouquin, il a raconté que je pouvais me casser tant que je voulais parce que je n'habitais pas ici, de toutes façons, mais en Suisse. Ce sont ses potes qui habitent en Suisse, pas moi ! Moi, j'habite en France. Je me suis dit : j'espère qu'il est mieux renseigné pour les sans-papiers qu'avec moi ! Parce que, pour se planter avec moi... Je suis quand même vachement visible !" Pan sur le bec sarkozien. Et encore Noah est-il bien naïf de parler de "plantage" : écrit-on ce genre de choses sans vérifier ? Et l'on connaît les ressources en termes de renseignement d'un ministre de l'intérieur ! Non, en réalité, Sarkozy a usé d'un procédé bien connu : discréditer un adversaire par la calomnie. Prétendre que Noah vit en Suisse, c'est le désigner à l'opprobre publique : "voyez ce mauvais Français, qui a fui pour ne pas payer ses impôts", voilà le sens implicite de ce mensonge. Raté ! Reste que quitter la France en cas d'élection de Sarkozy, si cette posture témoigne d'une opposition que nous ne pouvons qu'approuver, n'est pas vraiment une attitude très citoyenne. L'ancien tennisman en a conscience, qui est revenu sur son propos, histoire de ne pas donner raison à l'agitateur de la place Bauveau et son slogan : "Si
certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter" : "Non, je ne me casse pas. S'il passe, je pense qu'il y aura le feu, donc il faut rester. Il y a des moments où il faut que chacun prenne ses responsabilités." Voilà qui est dit.

